mercredi 29 novembre 2023

Panayotis PASCOT - La prochaine fois que tu mordras la poussière

Stock - 19€50 - 240 p. - 23 août 2023


Ma critique :
Encore un titre vers lequel je suis allée les yeux fermés par sympathie envers son auteur. Fin, je ne le connais pas du tout personnellement, mais j'ai adoré le voir débuter dans Le Petit Journal puis Quotidien aux côtés de Yann Barthès.

Quand le livre est sorti, en magasin, nous n'étions pas sûrs d'où le ranger : témoignage ? littérature ? Après lecture, franchement, c'est un peu des deux, mais très très autobiographique.
Les premières critiques que j'ai vues passer de confrères libraires étaient très élogieuses, je partais confiante.

Qu'en est-il au final me direz-vous ?
C'est une lecture très facile d'accès où Panayotis se confie notamment sur son rapport au père en particulier, aux hommes en général, mais surtout à lui-même. 
Ainsi, sont passées en revue : sa famille, ses premières amours et sa découverte de son homosexualité, et sa dépression en gros. Tout cela dans une introspection faite pendant des moments plutôt solitaires.

Ce que je me suis dit tout au long de ma lecture, c'est que ce livre me plaisait et m'intéressait car je m'intéressais à la personne. De mon côté, je n'ai pas été frappée par les qualités littéraires que j'ai vues évoquées à droite à gauche.

Je trouve ce livre nécessaire par ses sujets abordés par une personnalité publique. De plus, un comédien qui parle de dépression, ça met le doigt sur un fait qui n'en est pas un pour tout le monde : ce n'est pas parce qu'on rit, sourit et fait rire, qu'on n'est pas en pleine dépression et remise en question de tout, de soi. Alors pour ça, merci Panayotis !
Citation : "Quand je découvre une musique que j'aime bien je peux l'écouter cinquante fois de suite jusqu'à m'en lasser, parfois jusqu'à ce qu'elle me dégoûte. J'ai parfois l'impression de faire la même chose avec les gens."
Mots clefs : Autobiographie - Père/fils - Dépression - Homosexualité

Ma note : 14/20

jeudi 23 novembre 2023

April Genevieve Tucholke - Khoa Le - Louise de la Nuit (Adaptation française : Lise Capitan)

Aujourd'hui, je reviens vers vous pour vous parler... d'une album jeunesse ! Cela fait très très longtemps que je ne l'ai pas fait et c'est un plaisir de recommencer avec celui-ci !
En effet, j'ai la chance de compter parmi les partenaires 2023 des éditions Gautier Languereau qui est une, sinon ma, de mes maisons d'édition d'album préférée :)

Gautier Languereau - 14€ - 25 octobre 2023 - 40 p.

Ma critique :
Louise de la Nuit est un album magnifique. C'est ce que je me suis dit la première fois que j'ai vu sa couverture, et c'est ce que j'ai continué à me dire ne me plongeant entre ses pages.
On a ici une finesse de traits pour le dessin, enrichi de couleurs profondes choisies avec soin pour illustrer le propos et le thème.

Louise de la nuit porte sur la différence. La différence de goûts entre deux sœurs. Sans jugement aucun, avec beaucoup de bienveillance. 
Louise, l'aînée, aime tout ce qui est sombre. Tout ce qui fait souvent peur, même, dans l'imaginaire habituel : la nuit, les araignées, les cimetières. 
Sa cadette, Rose, aime l'inverse : les couleurs, le bruit, la lumière. Elle a même peur de ce qui plait à Louise.
Mais heureusement leur différence de goûts ne les empêche ni de s'aider, ni de s'aimer !

Ces thématiques fortes sont portées par deux champs lexicaux opposés, celui de la nuit et celui de la lumière. Il y a un jeu typographique pour accentuer certains mots de ces thématiques. Ces même mots sont aussi mis en évidence dans le texte par une figure de style de répétition, l'épizeuxe : ils sont répétés trois fois. Et ils sont évidemment retranscrit dans le choix des couleurs : bleu nuit, noir, doré pour Louise, rouge, bleu clair, jaune pour Rose.

C'est un album qui enchantera les enfants comme les adultes par sa beauté et cette thématique universelle. Peu de texte par page pour garder les enfants captivés, assez cependant pour bien servir le propos.

N'hésitez plus, achetez-le, lisez-le pour vous, contez-le aux enfants de votre entourage !

Extrait :

 

Mots clefs : Fratrie - Différence - Nuit - Lumière

Ma note : 17/20

jeudi 16 novembre 2023

Olivier LIRON - La stratégie de la sardine

Robert Laffont - 19 € - 288 p. - 26 Octobre 2023

Ma critique :
Je reviens avec un livre que j'avais hâte de lire, par sympathie envers son auteur. Et car je savais qu'il évoquait son parcours personnel, avec les difficultés qu'il a pu rencontrées.

En effet, Olivier Liron, se rend très vite compte qu'il est différent. Un peu en décalé avec les autres. Pour notre plus grand bonheur, ai-je envie de dire, ou en tous cas le mien ! Car les gens qui sont tous pareil, qui rentrent tous dans le moule d'une présupposée "normalité", c'est embêtant, non ?
Olivier nous raconte son enfance, ses difficultés à l'école, entre surdouance et harcèlement. Car oui, être bon n'est pas bien vu dans le parcours scolaire. C'est prétexte à quolibet.
Il nous parle aussi de ses parents, ses grands-parents, et donc un petit peu d'immigration.
Il nous parle de son passage à "Questions pour un champion", de sa préparation pour y aller, etc.

Et j'ai adoré lire son parcours, sa vie, ses expériences, et de voir comment il a fait, avec les années, de ses différences une force. D'une certaine manière, en lisant son livre, on se sent moins seul. Et on se dit qu'on peut s'en sortir. Qu'il faut avancer. S'entourer des bonnes personnes. Trouver ses propres stratégies pour que la vie soit belle.

J'ai particulièrement aimé ses réflexions et questionnements sur le genre et l'amour.

Une lecture très plaisante pour moi, une ode à la différence et à l'être humain dans sa singularité.

Citation : "...j'étais profondément concerné par l'anxiété, une hyper-anxiété qui m'empêchait de vivre, avec une tendance à la dépression et la perte de l'estime de soi."

Mots clefs : Autobiographie - Différence - Ouverture d'esprit - Singularité - Santé mentale -  LGBT

Ma note : 17/20

Du même auteur...




jeudi 9 novembre 2023

Baptiste BEAULIEU - Où vont les larmes quand elles sèchent

L'Iconoclaste - 20€90 - 272 p. - 5 octobre 2023


Ma critique :
Vous connaissez Baptiste Beaulieu ? Médecin, écrivain, homo militant, plus féministe que moi.
Moi, je ne sais même plus comment je l'ai connu. Sur insta certainement. Car son compte est pour moi et pour beaucoup, une pépite d'humanité, à laquelle on ajoute une touche d'humour à en rire seule devant son téléphone.

Maintenant que vous avez, un peu, cerné le personnage, parlons de ce roman-vrai. Et bien, c'est une belle synthèse, un beau complément, de ses stories insta.
C'est à dire qu'on y suit son quotidien de médecin, homme cis, homo, misandre, aux côtés de ses patients presque tous plus fantastiques et attachants les uns que les autres.

C'est un livre doudou. Doudou traitre parfois. Car on s'émeut, on rigole, mais franchement on pleure aussi des fois. Parce qu'un médecin, mine de rien, ça soigne les malades. Et des fois ça ne peut pas guérir.

Baptiste Beaulieu alterne les anecdotes sur ses patients, tristes ou joyeuses, toujours humaines, tout en gardant en fil conducteur une question : où sont passées ses larmes ? Pourquoi n'arrive-t-il plus à pleurer ? Et ce sont sa vie, ses expériences, qui vont tenter de lui (nous) faire comprendre le pourquoi du comment.

Vous l'aurez compris, j'ai adoré ce livre. Sous couvert de roman, c'est un vrai témoignage du quotidien d'un soignant. Ne passez pas votre tour.

Mots clefs : Témoignage - Santé - Emotion - Ouverture d'esprit

Ma note : 18/20

Du même auteur...


lundi 30 octobre 2023

Travis BALDREE - Légendes & Latte (trad. par Stéphanie Chaptal)

Ynnis - 19€95 - 326 p. - 10 mai 2023


Je ne savais pas par quoi revenir parmi mes 18 articles en retard, mais la réponse fût évidente : plusieurs personnes m'ont dit souhaiter mon avis sur ce roman, alors c'est parti !

Ma critique : 
Légendes & Latte, c'est l'histoire d'une Orc qui décide de prendre une espèce de retraite anticipée pour ouvrir un café. En effet, elle arrête les quêtes et les massacres pour construire un lieu cocooning où proposer cette boisson qu'elle a découvert dans une ville lors d'une de ses quêtes.
Ainsi, on va suivre toute la procédure pour l'ouverture de ce lieu atypique : le choix de l'emplacement, le recrutement d'ouvrier pour façonner le local, le recrutement d'une serveuse, etc. etc.

Comme beaucoup, j'ai beaucoup beaucoup aimé ce livre. Déjà, par sa thématique, il est un peu atypique. Même si je pense que ce ne sont que les prémices d'un genre qui commence à se développer, la cosy fantasy. Un café douillet, ce n'est pas là où on s'attend à trouver une Orc^^

Ensuite, une place importante est faite aux personnages. Ils nous sont présentés au fur et à mesure, en prenant bien le temps de les installer les uns après les autres et de nous montrer les particularités de leur personnalité et de leur race. Ce qui fait qu'ils sont tous attachants et qu'on ne se perd pas parmi les uns et les autres.

Au niveau de l'intrigue, je dirais qu'elle est assez secondaire. Mais que ça n'est pas un soucis, on n'est pas là pour elle mais pour un moment de détente dans ce lieu où l'on a envie d'aller et aux côtés de ces personnages qu'on aimerait dans notre cercle d'amis.

Deux bémols selon moi : la traduction que je trouve assez mauvaise. Les phrases sont basiques voire mal formulées. Si je savais lire l'anglais, je pense que j'aurais tout stopper pour le lire en langue originale. Et le second bémol serait l'apparition de ce semblant de romance dont le roman n'a absolument pas besoin. Je n'ai rien contre la romance, mais là je la trouve amenée comme un cheveu sur la soupe et hors sujet, elle m'a un peu gâchée mon plaisir.

Je reste tout de même sur une note extrêmement positive avec une lecture-doudou extrêmement plaisante et une certaine inclusivité bienveillante et naturelle qui n'enlève rien au roman.

Si vous souhaitez une lecture chaleureuse pour cet automne pluvieux, n'hésitez plus !

Mots clefs : Cosy - Fantasy - Inclusivité

Ma note : 16/20

De la cosy fantasy en BD...



jeudi 19 octobre 2023

Des nouvelles...

Hello !!

Je ne sais pas du tout si ce blog est encore visité, mais dans le doute...

D'un point de vue perso, après 5 ans et demi en petite librairie indépendante et 5 ans et demi en responsable de rayon littérature en Grande surface spécialisée, je me retrouve au chômage.
Ma  situation personnelle fait que je ne suis plus mobile et que je cherche donc un poste sur Dijon, toujours en librairie, sinon en bibliothèque, ludothèque ou ludiquerie.

Pour ce qui est du blog et de mon insta... Je n'ai à ce jour, envie d'arrêter ni l'un ni l'autre, mais la vie faisant que, j'ai pris ENORMEMENT de retard.
En 14 ans de blog, c'est la première fois que j'ai tant de retard..

J'ai en effet une pile de 16 livres qui attend patiemment sur mon bureau (et sur le sol...) d'être chroniquée.
A tel point que j'en ai même totalement oublié certains... Comme quoi ils n'étaient peut-être pas super... en tous cas mon cerveau ne leur a pas fait de place...

Bref, j'ai pensé, en chroniquer certains comme d'habitude, mais pour d'autres, les faire sous forme d'article beaucoup plus courts...
Je laisse mûrir ça, je vois le temps que j'ai à y consacrer, et j'espère revenir ici très vite avec du contenu livresque !!!

Lectureusement,

Ewa M. Nebel as Mademoizelle.nebel

lundi 21 août 2023

Glendy VANDERAH (trad. par Laura Bourgeois) - Dans la forêt des larmes

Après une courte absence (c'est faux) bloguesque et bookstagrammesque, je me dis que la rentrée littéraire est le moment propice pour penser à moi et me réapproprier ma passion.
J'ai une bonne quinzaine de chroniques de retard, je ne sais pas encore exactement comment je vais me sortir de ça, mais je vous reviens non pas avec ma première lecture de la rentrée, mais en douceur avec mon premier coup de cœur :)

Charleston - 22€90 - 592 p. - 29 août 2023 


Ma critique : 
Le pitch de base est assez simple : en découvrant l'infidélité de son mari, Ellis se réfugie dans la nature qu'elle aime tant avec ses enfants, mais heurtée par ce qu'elle vient de découvrir, préoccupée par l'agitation de ses jumeaux, elle oublie son bébé Viola. Les quelques minutes qu'il lui faut pour s'en rendre compte suffisent à ce que son bébé disparaisse. 

Déjà, nous n'allons pas suivre l'enquête autour de la disparition du bébé, car nous ne sommes pas dans un roman policier.
On va suivre la détresse du femme qui va se réfugier vers la nature, son alliée depuis toujours, pour tâcher de survivre tant bien que mal à son traumatisme.

Parallèlement, en alternance de chapitres, comme je l'adore, nous allons suivre d'autres personnages, d'autres vies, différentes, mais toujours dans un fond de nature.
Ce qui rend ce roman très Nature Writing, et n'ayons pas peur de le dire, très Gallmeisterien comme je les aime.

Tant la nature, que l'intrigue ou encore les personnages principaux ET secondaires font de ce roman un bijou. Une réflexion sur nos manières de vivre, sur les chocs psychologiques, sur les croyances de chacun.

Je l'ai lu en lecture commune avec Priscilla (@force.verte.lit sur insta) et grâce aux éditions Charleston dont j'ai pu visiter les locaux au début de l'été, un grand merci à eux.

Je pense que c'est l'un des romans qui marquera cette rentrée littéraire, avec sa couverture magnifique, ses thématiques variées et son écriture très prenante et accessible. Un véritable plaisir de lecture.
Citation : "Les gens qui s'aiment n'ont pas besoin d'être au même endroit pour rester ensemble. Ils sont réunis dans leur cœur.

Mots clefs : Nature writing - détresse psychologique - croyances

Ma note : 18/20

vendredi 9 juin 2023

Adeline DIEUDONNE - Reste

L'Iconoclaste - 20 € - 350 p. - Avril 2023


Ma critique : 
Ce roman est, pour moi, une excellente surprise. Je n'avais pas réellement accroché à ma lecture du premier roman de l'autrice, je trouvais qu'elle en faisait trop, que ce n'était pas crédible, je comparais à un autre roman, etc, etc

Et bien ici, que nenni !

Reste est un roman à la thématique plutôt originale, carrément morbide, mais très plaisant à lire, et que j'ai trouvé très juste.
On parle ici de deuil, de mort donc, mais surtout de cadavre. Mais aussi beaucoup d'amour.

La narratrice est la maîtresse de celui qui meurt, depuis de longues années. Ils sont seuls quand elle le trouve sans vie. Elle décide de prendre soin de lui, du cadavre donc, et de ne pas le ramener ni à sa femme ni à la morgue. Cela serait trop douloureux pour elle, elle a encore besoin de sa "présence".
C'est sa manière à elle de faire son deuil. S'occuper de lui, l'habiller, faire comme si tout allait bien. Tout en ayant conscience qu'il n'est plus lui, tout en voyant la décrépitude faire son œuvre.

Si l'idée est vraiment étrange et parait morbide, le roman, moi, en cette période de deuil personnelle, m'a fait du bien. Ce roman montre la difficulté pour ceux qui restent d'accepter la mort. Il nous révèle les failles que celle-ci peut engendrer chez les proches des défunts.

Le titre est extrêmement bien trouvé, entre injonction au mort "reste", ne me laisse pas, et réalité crue "reste", ce qu'il reste de la personne quand elle est morte.

J'ajouterai juste ce ci : merci Adeline Dieudonné pour ce roman.

Citations : "Les années qu'il me reste à marcher sur cette planète seront fades, trouées, peuplées de son absence"
"Non, je n'ai pas eu envie de mourir. C'est sans doute pour ça que c'était si douloureux. La vie me brûlait les veines."
"J'ai l'impression que c'est facile pour elle. Aimer les gars tout en les tenant à distance. Ne jamais se perdre, tout en s'abandonnant. Je ne sais pas comment elle fait"
"Le présent ne me va pas, je retourne à mes souvenirs"
"Ce n'est jamais quelconque, l'envol amoureux, éblouissant, qu'on fracasse"

Mots clefs : Deuil - Adultère - Cadavre - Survie - Traumatisme

Ma note : 18/20

Son premier roman...





jeudi 4 mai 2023

Christelle DABOS - ICI et seulement ICI

Gallimard Jeunesse - 15€50 - 256 p. - 13 avril 2023

J'ai environ 1 million de chroniques en retard (nan pardon, c'est les années dans le sud, en vrai j'en ai 5 si on ne compte pas celle-là), mais je ne vais pas réinventer la roue et vais vous donner mon avis sur ce livre qui vient de sortir et qui était très attendu.

Ma critique : Si vous avez aperçu le livre, son résumé, ou quelques chroniques ici et là, vous saurez qu'il est souvent, et, à juste titre, qualifié d'OLNI.
Si vous êtes fan de la saga La passe-miroir de la même autrice et que vous en attendiez quelque chose de similaire, ou au moins approchant quant à l'univers, vous allez être déçu.
Alors que moi, dès qu'il s'agit d'OLNI, j'accours. Et, de plus, moi, le tome 1 de La passe-miroir, je n'ai pas vraiment accroché.
Disons-le franchement, même si en refermant ce livre-ci je reste perplexe et dubitative, je l'ai préféré à ses prédécesseurs.

Mais pourquoi, me demanderez vous ? dubitative pourquoi ? préféré pourquoi ?
Dubitative, car c'est un roman polyphonique, qui nous embarque dans un collège en huis-clos, dans lequel on va suivre plusieurs personnages, notamment des élèves. Les élèves dans ce collège sont apairés : il y a les hauts et les bas. Les hauts récoltent tout, les bas sont moins que rien. Si vous n'êtes pas apairés, vous êtes le pouilleux. Et dans ce collège aux règles très strictes, quelque chose se prépare, toujours au même moment.

Cette vision du collège est une vision exagérée des clans, clichés et défiances que l'on peut retrouver entre collégiens. Mais une part de moi n'y a pas cru. Si le roman se veut peut-être intemporel, il y a des allusions claires et précises à notre époque, tout cela ajouté à un langage, lui, d'une autre époque. L'autrice semble avoir tenté de reproduire le phrasé des collégiens actuels, et me parait, par ces anachronismes, un peu à côté de la plaque à ce niveau là.

Alors pourquoi l'ai-je préféré à l'autre saga de l'autrice ? Probablement à cause de tous ces mystères qui en découlent, à certains personnages attachants malgré tout, et surtout grâce au rythme. J'adore les romans polyphoniques. Et dans celui-ci tout s'enchaine. Et on veut savoir, on veut comprendre où on est embarqué, alors on se laisse facilement porté par les personnages.

Ce n'est pas un coup de cœur, ça ne peut pas l'être au vu de ce que je vous ai précédemment cité mais c'est une lecture qui nous fait tout de même passer un bon moment.

Si vous êtes curieux, que vous ne vous attendez à rien de particulier : laissez-vous tenter.
Ah, et bien qu'il évoque le collège, je le conseillerais plutôt à partir de la seconde par certaines thématiques et violences abordées.

Mots clefs : Collège - Huis clos - Mystère - Racket - Classe sociale - OLNI

Ma note :  14/20

De la même autrice...



dimanche 23 avril 2023

Janice GALLOWAY - Penser à respirer (trad. par Elisabeth Luc)

Cambourakis - 22 € - 288 p. - Janvier 2016

Ma critique :
Ce livre m'a été conseillé pour répondre à ma demande, à un besoin. Je cherchais un roman sur un deuil.
Il s'agit donc du journal d'un deuil. Et de la dépression qui suit.
Quand on ne sait plus quoi faire de soi. Que dire aux autres. Qu'on a mal mais qu'on ne se sent pas entièrement légitime de porter cette douleur. Qu'il faut avancer mais qu'on n'y arrive pas.
Une construction erratique, des interruptions en pleine phrase, qui retranscrit bien le bordel que ça peut être dans notre tête quand plus rien n'a de sens. 
Des rapports de dialogues avec le corps médical aussi, vains. Des cartes postales d'amis. Des écarts qu'on fait parce qu'on est perdus.
Ce livre est juste et bien.

Citations : "On ne peut s'extirper de l'intérieur de sa tête"
"J'avais oublié que j'en attendais toujours trop. 
J'avais oublié que je faisais toujours ce qu'il ne fallait pas"
"Comme tout le monde, je voulais être aimée"
"Avoir besoin de quelqu'un tout en ayant peur des gens, ça me crève"
"Je veux défaire des morceaux de ma tête et ne pas me sentir comme ça. On ne peut se détacher de 'l'intérieur de sa tête"
"Il est normal d'avoir des jours sans.
On ne peut obliger les autres à vous aimer pour vous faire exister.
Tout ce qui vaut la peine est difficile à obtenir"

Mots clefs : Deuil - Dépression

Ma note : 16/20

jeudi 6 avril 2023

Catriona WARD - La dernière maison avant les bois (trad. par Pierre Szczeciner)

Sonatine - 23 € - 416 p. - Février 2023


Ma critique :
Dans ce roman, nous suivons Ted, qui vit isolé et reclus dans une maison juste avant la forêt. Il vit avec sa chatte Olivia, et parfois sa fille Lauren.
Parallèlement, nous suivons Dee dont la petite sœur a disparu il y a plusieurs années.

C'est un thriller psychologique que j'ai adoré, comme souvent chez Sonatine, moi qui ne suis pourtant pas très thriller.
Au départ, on ne comprend pas bien où on nous emmène, mais on se laisse porter par l'alternance de chapitres qui est aussi l'alternance des voix des personnages. J'ai particulièrement aimé les chapitres où Olivia, le chat, nous raconte ses journées, sa vision des choses et sa vie de chat. C'est surprenant au départ mais très plaisant.
Tous les personnages sont très bien construits.
Même si certains éléments semblent s'emboiter au fur et à mesure de l'avancée de notre lecture, les mystères dont le livre recèle ne sont révélés qu'à la fin, je n'ai pas du tout vu venir les choses.

Je ne peux pas vraiment vous en dire plus sans vous divulgâcher ce roman génial, alors je vous laisserais tenter par vous-même :)

Citations : "Peu importe, depuis le temps, j'ai compris que dans la vie, si on a un problème, le plus simple est de dormir jusqu'à ce qu'il disparaisse"
"Elle a la tête qui tourne, les mains moites - c'est fou comme le corps réagit de la même manière lorsqu'on a peur ou qu'on est amoureux"
"Et elle attend surtout parce que l'espoir, c'est ce qui meurt en dernier"

Mots clefs : Thriller psychologique - Disparition - Chat - Roman choral - Huis clos

Ma note : 19/20

jeudi 16 mars 2023

Cedar BOWERS - Astra

Gallmeister - 23€80 - 321 p. - Janvier 2023


Ma critique :
Astra. Intrigante Astra. Insaisissable Astra.
Astra grandit dans une communauté autonome auprès de son géniteur et des membres de ce groupe.
On va suivre sa vie, dès la naissance, épisode par épisode, racontée par ceux qui l'ont côtoyée.

C'est une construction narrative que j'ai adoré : roman choral et passages clefs de la vie de l'héroïne. Personnages secondaires tout aussi intéressant qu'elle et qu'on voit évoluer tout comme elle.

Un roman que j'ai beaucoup aimé, mais il manque un je-ne-sais-quoi pour en faire un coup de cœur. Peut-être trop de longueurs ou un style d'écriture trop plat, je ne saurais dire.
Citation : "Certaines de ces personnes lui donnent trop d'espace et Astra, se croyant mal-aimée, devient si vulnérable et désespérée qu'elle les pousse à l'abandonner. D'autres l'étouffent et projettent leurs attentes sur elle, une attitude qu'Astra tolère de bonne grâce, jusqu'à ce qu'elle commence à suffoquer."

Mots clefs : Héroïne - Tranche-de-vie - Communauté - Relations humaines

Ma note : 16/20

mardi 7 mars 2023

Salomé BAUDINO - Le syndrome des coeurs brisés

Le Livre de Poche - 7€70 -


Ma critique :
Une nouvelle invention permet de prédire le temps que va durer une histoire d'amour. C'est toute la société qui est ébranlée, tout le monde y va de son avis sur la question, des gens lambdas à la télévision en passant par les entreprises.
Lola et Victor vont se retrouver confronter à cette invention presque malgré eux.
Lorsqu'ils apprennent la date de fin de leur relation par l'instrument en question, c'est, entre eux, le couple parfait, le début de la discorde.

Nous avons ici un roman qui m'a déçue. D'un côté j'en attendais pas grand chose, de l'autre, visiblement, j'en attendais plus.
Je ne me suis pas attachée aux personnages, ni à Victor, ni à Lola, je suis restée trop loin d'eux.
De plus, j'espérais sans doute trouver dans le roman différentes visions de la relation amoureuse ou encore la décortication du sentiment amoureux, et ce ne fut pas le cas.
Après, à vous de vous faire votre propre avis, car si une telle machine existait, cela bouleverserait effectivement notre société et nos visions du couple. En fait, le sujet est vraiment bon, mais pas assez creusé à mon goût.

Citation : "Finalement, fallait-il perdre ce que l'on aimait pour l'aimer davantage ?"

Mots clefs : Amour - Relation - SF - Société

Ma note : 13/20

vendredi 17 février 2023

Baptiste BEAULIEU - Celle qu'il attendait

Le livre de poche - 7€90 - 323 p. - Mai 2022

Ma critique : 
Ou devrais-je dire chronique du livre que j'aurais adoré adorer. Mais qui, hélas, est une déception.

On y suit Eugénie, inventrice, et Joséphin chauffeur de taxi et potier. Et on le sait, cela va être une histoire d'amour.

Une histoire d'amour que j'ai entendu comparée à l'Ecume des jours (j'en recrache mon thé, pardonnez-moi) et dont on disait qu'elle était poétique. Cela était pour moi de très bon augure.

Surtout que je suis son auteur sur Instagram, et que, sans, le connaître, j'adore tout simplement ce type et je partage souvent son propos.
Mais voilà ça n'a pas pris.

Parce qu'il ne suffit pas de dire qu'un personnage est poésie pour que le texte le soit. Parce qu'il ne suffit pas que les personnages soient un peu différents et empotés avec leurs sentiments pour qu'ils soient attachants. Parce que la fin, sans vous en dire plus.

On a ici une comédie mélodramatique que j'ai subi en espérant l'aimer à chaque page. Dommage.

Mots clefs : Amour - Différence - Harcèlement - Relation homme/femme

Ma note : 12/20

lundi 30 janvier 2023

Nora LAKE - Des cendres sur tes mains

Hurlevent - 25€ - 496 p. - 14/12/22

Ma critique :
La jeune Alice, orpheline, est recueillie enfant par Monsieur Edwards qui deviendra son tuteur. Ainsi, elle quitte l'orphelinat pour habiter dans le mystérieux manoir de ce monsieur.
Très vite, Alice perçoit de ce manoir des choses sombres et angoissantes, elle entend des bruits, sent des présences, elle se questionne.
Les premières années de son séjour au manoir, Monsieur Edwards l'ignore. Mais un jour, une partie d'échecs va les rapprocher, jusqu'à devenir leur rituel et voir leur relation évoluée.
Je ne vous en dirai pas plus quant à l'histoire.

C'est un roman qui est assez addictif : de par les mystères qu'il soulève dès le début, autour du manoir comme autour de Monsieur Edwards. Comme Alice, on est intrigués, inquiets, et on souhaite tourner les pages pour découvrir les secrets qui semblent recélés autour des lieux et des personnages.
J'ai beaucoup aimé le personnage d'Alice, suivre son évolution d'orpheline à celle d'adolescente puis de jeune femme et la découverte, pour elle, de ce qui accompagne cela, les plaisirs et l'horreur. 
J'ai aussi aimé la double narration qui survient dans le roman, pour petit à petit nous faire des révélations.

Comme bémol, je dirais quelques longueurs et redondances, mais comme je le disais, le roman est addictif alors ce n'est pas dérangeant.

J'aimerais vous en dire plus, mais ce serait vous gâcher le plaisir de découvrir tous ces mystères et les côtés sulfureux du roman. Je m'y suis jetée sans en savoir grand chose, et c'est comme cela que j'ai su l'apprécier.

Mots clefs : Gothique - Mystère - Sulfureux - Initiation - Horreur

Ma note : 16/20

Chez le même éditeur...

mercredi 25 janvier 2023

K. O'NEILL - La trilogie des Dragons-thé

Bliss Comics - 59 € - 3 tomes - 9 décembre 2022


Ma critique : Très longtemps que je n'ai pas rédigé de critique BD par ici. 
Mais la lecture de cette trilogie que je me suis offerte pour Noël m'a fait un bien fou alors je souhaitais vous en dire quelques mots.


Dans un univers fantasy, nous suivons différents personnages, humains, animaux anthropomorphes ou encore dragon métamorphe qui côtoient et s'occupent de dragons-thés.
Les dragon-thés sont de petits animaux avec leur caractère propre, qui sont la plupart du temps associé à un humain qui serait leur gardien. Ces dragons produisent sur leur tête des feuilles de thé, qui, quand elles sont consommées, permettent à ceux qui boivent le thé de partager les souvenirs de ces dragons.


Ce que je retiens particulièrement de ces BDs, c'est la douceur qui s'en dégage. Par la rondeur des traits de dessins, les couleurs chaleureuses mais surtout par la bienveillance et l'empathie donc font preuve les personnages les uns avec les autres.

Ce sont des histoires très douces, qui apaisent et qui sont très inclusives. Les personnages ne sont pas tous hétéronormés ou valides, on y côtoie un panel de personnages différents, chacun avec leur personnalité. 
Mais cette inclusivité et cette douceur ne sont pas "trop" : elles font partie de l'histoire sans en être le sujet principal et cela fait un bien fou.

Ainsi j'ai eu un énorme coup de cœur pour cette trilogie doudou et je ne peux que chaudement vous la recommander. Moi, elle m'a réchauffée le cœur en ces jours d'hiver difficiles.

Mots clefs : Fantasy - Réconfort - Famille - Amitié - Inclusivité - LGBT - Handicap

Ma note : 19/20

vendredi 20 janvier 2023

Mickaël BRUN-ARNAUD - Les Vallées closes

Robert Laffont - 282 p. - 20 € - 19 janvier 2023

Ma critique : Aujourd'hui, je ne vous fais pas un article dans l'ordre chronologique de mes lectures, mais un article sur un livre que j'ai lu il y a quelques jours seulement et qui est sorti hier. 

Pour vous le dire dès le départ, c'est un roman qui m'a malmenée. Quand j'ai eu fini ma lecture, mes premiers mots ont été qu'il m'a "horrifiée", "traumatisée". Et pourtant j'ai beaucoup beaucoup aimé cette lecture. J'ai laissé mijoter quelques jours pour essayer de comprendre pourquoi. 

Les Vallées closes, ça se passe à la campagne, dans le monde rural, dans le Luberon, à côté d'Apt, c'est-à-dire pas loin d'où j'ai vécu 5 ans et où j'ai fait mes premiers pas de libraire. 
Dans ce monde rural, brut, où tout le monde semble élevé à la dure, tout le monde, aussi, se connaît. 
On y suit d'abord Claude, élevée comme un petit garçon des campagnes, sans droit de ressentir, devant se tuer à la tâche. Cela fait d'elle quelqu'un d'abîmée par la vie, qui a vécu des épreuves, qui a subi des violences dites ordinaires. 
On suit aussi Paul-Marie, son fils. Différent des autres, plus fragile, plus délicat, qui a pu être un peu protégé de la violence de leur éducation par son frère. Paul-Marie donc, fonctionnaire, accusé de pédophilie sur Enzo. 
Et enfin on suit Enzo, déficient intellectuel, 20 ans, qui lutte pour vivre sa vie comme il l'entend malgré ses difficultés, qui se cherche et cherche sa place dans la société. 
Tour à tour ces personnages vont nous conter leur histoire, tant en 1997, qui nous montrera comment Claude ou Paul-Marie se sont construits, tant en 2016, l'année où tout bascule lors de cette accusation. 

Ce qui m'a horrifiée, se sont les scènes de violences ordinaires, qu'elles soient sur les animaux, à la chasse ou autre, ou du mari contre sa femme et ses enfants ou encore entre les gens du village, avares de ragots, hypocrites et malsains. 

Ce qui fait que j'ai aimé le roman, c'est sa construction : il se construit en même temps que nous comprenons comment ses personnages se sont construits. Son écriture : incisive, brute, très à propos pour décrire ce qu'il s'est passé et se passe dans ce milieu rural ; mais aussi addictive, avec l'envie de comprendre, comprendre ces gens, comprendre comment on en est arrivés là. 
Mais surtout ce sont ses personnages. Paul-Marie, particulièrement, si gentil, si différent de ce monde, si empathique et sentimental. Et qui vit, injustement, toutes les misères possibles. On ne peut pas ne pas s'attacher à lui. 
Enzo, et sa volonté d'être, qui fait comme il peut avec ce qu'il a, et malgré une mère qui le couve trop. 
Et Claude. Qui m'a été antipathique, de part sa manière d'agir, de penser, de parler. Mais pour qui la compassion naît quand on comprend ce qu'elle a traversé. 

Ainsi, je trouve que c'est un roman violent, extrêmement difficile, que je n'ai pas lu à la meilleure période de ma vie, mais que je vous recommande tout de même de lire car je l'ai vraiment apprécié.

Mots clefs : Ruralité - Violence ordinaire - Secret

Ma note : 16/20

mercredi 18 janvier 2023

Emily ST. JOHN MANDEL - Station Eleven (trad. de l'anglais (canada) par Gérard de Chergé)

Rivages - 22 € - 560 p. - Août 2016
(disponible en poche)


Ma critique :
J'avais ce livre dans ma PAL depuis sa sortie, soit depuis 2016. Et c'est LE livre de ma PAL qui me tentait le plus. Mais les nouveautés, la vie de libraire, ont fait que je ne l'ai lu qu'en novembre 22. Oui, j'ai un peu de retard sur mes articles.

Pour le pitch de base, un acteur, Arthur Leander, meurt sur scène en jouant le Roi Lear. En même temps, une pandémie de grippe foudroyante survient. 
Et la vie va continuer des années après.

Ainsi, nous allons faire des aller-retours entre la vie de cet acteur avant la pandémie, et la vie d'une troupe itinérante de comédiens et musiciens, La Symphonie itinérante, 20 ans après celle-ci. On va particulièrement suivre Kirsten, qui était toute jeune au moment de la pandémie et qui va être un lien entre les deux époques, via des manuscrits de comics qu'elle aura gardé avec elle.

On va donc suivre différents personnages entre ses deux époques, dans des instants de leur vie, qui, si au départ paraissent indépendants les uns des autres, vont finir par s'imbriquer pour former le puzzle qu'est ce roman. Mais rassurez-vous, tout est fluide, claire, l'autrice ne nous perd pas en route. Elle nous mène d'un point A à un point B petit à petit, en prenant son temps, en nous faisant découvrir ses personnages ainsi que la vie d'avant et celle d'après.

Station Eleven c'est aussi et surtout un roman de survie : comment les humains ayant échappé à la pandémie vont ils survivre ? En formant diverses petites colonies que la Symphonie Itinérante va visiter les unes après les autres afin de transmettre l'art à travers Shakespeare et la musique. C'est ce qui m'avait attiré dans l'histoire, le théâtre dans un contexte post-apocalyptique. Certaines colonies ne seront pas bienveillantes, à l'image de l'être humain. D'autres se seront attachées à garder des vestiges du monde d'avant.

Si les références au théâtre sont moins présentes que dans mes attentes, j'ai tout de même adoré ce roman.
Sa thématique, ses personnages, sa construction en cascade forment un tout très bien ficelé et addictif.

Citation : "L'enfer, c'est l'absence de ceux qu'on voudrait tant avoir auprès de soi."


Mots clefs : Littérature - Art - Survie - Pandémie - Relations humaines - SF

Ma note : 18/20

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