mercredi 16 juin 2021

Louisa May ALCOTT - Les Quatre filles du Dr March

Gallmeister - 13 € - 636 p. - 1ère ed. 1868 

Ma critique :
C'est avec un peu (beaucoup) de retard que je viens vous parler de ce livre.
A savoir que je l'ai d'abord commencé il y a de longs mois, que je l'ai mis en pause, et que je l'ai repris lors de la lecture commune organisée par @mrsbookyarmond dans le cadre de L'empoche classique.

Au départ, si je l'ai mis en pause et gardé en lecture secondaire occasionnelle, c'est que j'ai trouvé le début un peu long : on suit la vie des filles à travers divers petits épisodes de leur quotidien, tout cela ponctué de bons sentiments et d'un côté moralisateur. Je n'arrivais pas à adhérer totalement.

Puis quand je l'ai repris, au bout de 200 pages quasi, je ne sais pas si j'étais mieux disposée ou en tous cas préparée, mais cela s'est beaucoup mieux passé ! J'ai pris beaucoup beaucoup de plaisir à voir les filles grandir et évoluer, changer, s'affirmer. Le ton du livre est resté le même, comme une sympathique balade aux côtés d'une famille pieuse, humaine et bien pensante, mais cela ne m'a plus pesé, je me suis attachée aux personnages.

Chacune des sœurs a d'ailleurs sa propre personnalité affirmée, ma préférence allant à l'indépendante et non-conventionnelle, Jo, ainsi qu'à la douce et émotive Beth. L'aînée, Meg, et la plus jeune Amy, se ressemblant plus et étant toutes deux assez loin de ce que j'aime, s'attardant sur l'apparence, l'argent ou l'art de plaire.
Il y a aussi Laurie, leur voisin, très présent dans l'histoire, que l'on voit, tout comme elles, évoluer. Un personnage que j'ai aussi beaucoup aimé.

Chacune a aussi son activité de prédilection : art, couture, écriture. Si les corvées et l'apprentissage des bonnes manières sont centraux dans le livre, les loisirs ont une grande grande place et l'on se divertie en suivant les passions et centres d'intérêt de chaque fille.

Une lecture très particulière dans le ton et l'ambiance, on retrouve bien l'époque dans laquelle l'histoire se déroule. Une lecture un peu comme un retour en enfance lorsqu'on a connu, comme moi, le dessin animé.

A savoir que le lendemain de la fin de ma lecture, j'ai regardé le dernier film sorti, celui avec Emma Watson, et contrairement à mes réticences, je l'ai trouvé très juste, à 2-3 détails près. J'ai vraiment retrouvé la même ambiance et les mêmes épisodes qui m'avaient fait sourire dans le livre, ce qui est plutôt rare lors des adaptations.

A lire donc, si vous aimez les classiques, si vous êtes nostalgiques, que vous aimez les histoires de famille et de fratrie et que les bons sentiments ne vous font pas peur :)

Mots clefs : Famille - Fratrie - XIXème siècle

Ma note : 15/20

jeudi 29 avril 2021

Julia THEVENOT - Lettre à toi qui m'aimes

Sarbacane - 12€50 - 120 p. - 7 avril 2021

Ma critique :
Lettre à toi qui m'aimes avait tout pour me plaire : une couverture très jolie, un résumé qui m'attirait et, parait-il, une écriture poétique.
Mais aussi des critiques élogieuses sur les réseaux sociaux, comme quoi, ça, il faut toujours s'en méfier.

C'est l'histoire d'Yliès (alias Roméo) qui aime Pénélope, qui ne l'aime pas. Mais racontez par le prisme de Pénélope. Ca annonçait un regard différent de celui que l'on voit habituellement, et cela me plaisait.

Oui, mais voilà, sur moi, ça n'a pas pris. Pourquoi ? car Pénélope est assez imbuvable et prétentieuse. Elle ne joue pas à proprement parler avec Yliès, puisqu'au début elle s'interroge elle-même sur ce garçon, mais quand elle comprend qu'elle ne partage pas ses sentiments, son attitude avec lui est tout simplement désagréable et hautaine. 
Elle souhaite rester son amie, ce que je comprends aisément, mais elle pourrait être plus compatissante et gentille face à la tristesse de son ami, justement. Et ce n'est pas le cas.
Qu'elle en ait marre, je comprendrais s'il était insistant. Mais non, elle en a juste marre de sa tristesse et que ça ait changé leur relation en gros. Alors que cette tristesse et ce flottement dans la relation, à ce stade de l'histoire, est tout à fait normal à mon sens, le temps que chacun reprenne ses marques différemment.

Pour ce qui est de l'écriture poétique, je ne l'ai pas vue. Enfin si, sur les toutes premières phrases, de jolies rimes internes, mais c'est tout. Pour le reste du texte, décaler les mots sur la page, ne fait pas de la poésie. Enfin peut-être faudrait-il là disserter sur ce qui fait ou non de la poésie, mais je ne prendrai pas cette peine.

Après, si je suis ici bien négative avec ce roman, je n'ai tout de même pas passé un moment si horrible. J'aime toujours autant les histoires de lycéens, j'ai aimé leur passion pour la musique et j'ai adoré les autres personnages, Yliès en premier, mais aussi Dudley et Jobs. 

De plus, c'est un roman qui se lit très très vite, en une heure c'est bouclé, alors pourquoi ne pas tenter et vous faire votre propre avis ?

Mots clefs : Amours à sens unique - Adolescence

Ma note : 12/20


mardi 27 avril 2021

Agathe SAINT-MAUR - De Sel et de fumée

Gallimard - 18€ - 240 p. - Janvier 2021

Ma critique :
Dès le titre, ce livre est un bijou.
En deux mots, on y suit la relation amoureuse entre Samuel, bobo gauchiste & caviar, et Lucas, gaucho-revendicateur & de toutes les manifs. Dès le début du roman (dès le résumé de l'éditeur même), la couleur est annoncée, Lucas meurt. Ne reste à Samuel que le vide, la tristesse et les souvenirs. Alors il nous raconte. Comment il vit la mort de celui qu'il aime. Comment ils se sont rencontrés puis aimés. Des aller-retours entre souvenirs et souffrances, passé et présent. Il nous fait vivre leur monde, il nous fait revivre Lucas.

Si je n'ai lu ce livre que maintenant alors qu'il est sorti en janvier, c'est que j'avais des réticences, que je sais maintenant infondées, sur le fait qu'il puisse être trop politisé. Un roman qui parle de politique et de manifestation, non merci, il y a les infos pour ça. 
Mais rien de tout ça dans ce roman. Enfin, il y a des allusions, évidemment, puisque c'est le contexte de l'histoire. Mais c'est tellement plus que ça. C'est une réelle belle histoire d'amour. La narration de la perte de l'amour, de la survie qu'elle engendre.
Je ne vous le cache pas, étant très émotive en ce moment (merci les hormones), certains passages du début m'ont fait mal. Je ne pouvais le lire qu'à tâtons, petit bout par petit bout, pour ne pas recevoir de plein fouet une vague de douleur.

Mais c'est avant tout, envers et contre toute attente des protagonistes eux-mêmes, une histoire d'amour. La découverte de l'autre. La découverte de sentiments qu'on ne pensait pas possibles, sentiments partagés qui plus est.
Et le tout servi dans une superbe langue. J'ai pris énormément de plaisir à lire les mots et tournures choisies par Agathe Saint-Maur. Poésie de prose.

Vous l'aurez compris, je ne suis pas sortie indemne de ce roman, j'en suis sortie touchée et émerveillée.

Mots clefs : Romance - Deuil - LGBT - Milieu social
Citation : "Les choses qui arrivent sont plus longtemps des souvenirs que des moments présents"

Ma note : 19/20

lundi 26 avril 2021

Mathieu Bablet - Carbone & Silicium

Ankama - 22€90 - 277 p. - Août 2020

Ma critique :
Carbone & Silicium, une BD dont on a beaucoup entendu parler ces derniers mois, coup de cœur de beaucoup. Et dont je ressors avec un avis plus que mitigé.

On y suit, sur de trèèèès longues années, deux robots, Carbone et Silicium, donc. De leur création, à leur survie. 
Ils ont chacun un tempérament très différent. Alors que Silicium veut découvrir le monde, Carbone, elle, veut se battre pour sauver leur condition et leurs semblables.
Ainsi, on suit leur pérégrination et leurs combats années après année, avec, bien sûr, en toile de fond, des réflexions sur l'humanité et sur l'intelligence artificielle.

Et tout cela, c'était long. Très long. Trop long.
Si cela illustre le défilement du temps, cela accentue aussi la redondance des événements et l'ennui qui en découle.
Bien qu'il s'agisse d'un roman graphique, je me suis demandé si je tiendrai jusqu'au bout. Et j'ai mis plusieurs semaines à venir à bout de ma lecture.

Côté dessin, nous avons clairement de magnifiques décors aux couleurs dégradés. Mais là encore, je n'ai pas accroché aux traits des personnages. Je les ai trouvés disgracieux.

Pour conclure, je dirai de ce roman graphique qu'il est une œuvre complète et aboutie à part entière, mais pas pour moi. Trop long et trop SF pour capter mon attention de bout en bout. Je peux comprendre qu'il trouve son public, je ne renie pas ses qualités narratives, mais il n'est pas pour moi.




Mots clefs :
Roman graphique - Robot - SF - Anticipation

Ma note : 12/20

vendredi 2 avril 2021

Meredith RUSSO - Celle dont j'ai toujours rêvé

PKJ - 17€90 - 320 p. - Février 2017


Ma critique :
Ce roman relate l'histoire d'Amanda, jeune fille trans, qui démarre une nouvelle année scolaire dans une autre région puisqu'elle part vivre chez son père. Elle veut faire table rase du passé, des agressions qu'elle a subie, et avoir enfin le droit d'être elle-même, sans jugement ni crainte.
Ainsi, on suit avec elle ses amitiés et son histoire d'amour naissantes, le renouement de sa relation avec son père et d'une certaine manière, sa renaissance.

Une thématique qui, au départ, semble intéressante et bien abordée. Et pour cause, traitée par quelqu'un qui connait le sujet car l'autrice est elle-même trans et est donc passée par une transition.
Et pourtant, si j'ai un sentiment plutôt positif une fois l'ouvrage terminé, car il se lit tout seul et que c'est toujours bon d'aborder les transidentités en littérature, c'est un sentiment plutôt mitigé que j'ai eu tout au long de ma lecture.

En effet, j'ai eu beaucoup de mal à m'attacher à Amanda. Je n'ai pas vraiment réussi à avoir tant d'empathie pour elle, bien qu'elle traverse des choses difficiles. Je pense que cela est dû au fait que sa personnalité ne soit que survolée, ajouté au fait qu'une fois arrivée chez son père, tout se passe à merveille pour elle, ce qui n'est qu'à moitié crédible.
Déjà, elle a un très bon passing. Ce qui signifie que personne ne se doute le moins du monde qu'elle est trans. Elle est belle. On nous le répète. On le lui répète. Trop. Alors bien sûr que certaines personnes trans ont un bon passing et pas de soucis, nous sommes ravis pour elles, mais, l'autrice le dit elle-même dans une note de fin d'ouvrage, ce n'est pas le cas de toutes, loin de là, et c'est loin d'être aussi idyllique pour la majorité des trans dans la-vraie-vie.
De plus, tout va très bien sur tous les plans : elle se fait de supers amies hyper rapidement. Elle plait au garçon qui lui plait, sans aucune anicroche, en deux temps trois mouvements. Son père qui n'était pas compréhensif envers elle dans sa jeunesse l'accueille directement à bras ouvert sans la discriminer. Là encore, on n'est pas vraiment dans la vraie vie. Plutôt dans une teen série US où tout est beau.

Ce qui rattrape un peu tout ça, c'est justement la note de fin d'ouvrage qui explique les choix de l'autrice. Et le fait qu'un livre où tout se passe bien, en regard de la-vraie-vie justement, bah parfois ça fait du bien. Et tout n'est pas si idyllique que ça dans ce roman, la fin rattrape un peu le côté bisounours, sans être pour autant plombante.

En somme, un roman ado sur une jeune femme trans, écrit par une autrice trans, est toujours bon à prendre. Il faut juste garder en tête qu'il s'agit d'un roman.

Mots clefs : Roman ado - Lycée - Transidentité - LGBT - Own voice

Ma note : 15/20

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