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jeudi 25 janvier 2024

Carine JOAQUIM - Nos corps étrangers

La Manufacture de Livres - 19€90 - 232 p - Janvier 2021
(Disponible en livre de poche)

Ma critique :
Un livre qui n'était pas forcément dans ma wish list, mais que j'ai lu volontiers dans le cadre d'un club de lecture !

On suit une famille qui tente de se reconstruire après que le père ait trompé la mère. Le père a mis fin à sa relation extra-conjugale, puis, le couple et leur fille adolescente, Maëva, ont déménagé pour vivre en banlieue, se reconstruire dans une grande maison.

Dans ce roman, on va suivre tour à tour les trois personnages qui composent cette famille. 
Dès le départ, deux constats pour moi : l'écriture est fluide et addictive, on a du mal à lâcher le roman. Mais, les personnages ne sont pas attachants, ils ne suscitent aucune émotion, en tous cas chez moi, voire même de l'antipathie pour la mère, au lieu de la compassion qu'on aurait pu éprouver.
J'ai donc poursuivi ma lecture sur ces postulats.

Ce que j'ai aimé dans ce livre, c'est que sous couvert d'une histoire familiale assez basique, sont aussi abordés des thèmes sociétaux plus difficiles, et avec justesse. Ainsi, on rencontrera ici le handicap et la différence, le harcèlement, ou encore l'immigration. Et ces thèmes sont très bien amenés, au fur et à mesure que l'histoire se construit.

Ce que j'ai moins aimé, et qui a fini de cataloguer cette lecture pour moi, c'est la fin du livre. Si certains événements sont devinables par le lecteur, d'autres m'ont surprise et ne m'ont rien apporté. On nous livre du drame, du glauque, pour nous le livrer, et on nous laisse sur notre faim. Du moins, c'est comme ça que je l'ai vécu.

Une lecture en demi-teinte, voire assez décevante avec cette fin, pour moi... 

Mots clefs : Famille - Adultère - Psychologie - Drame - Sordide - Différence - Immigration

Ma note : 12/20

jeudi 25 mars 2021

David VANN - Komodo (trad. par Laura Derajinski)

Gallmeister - 22€80 - 304 p. - 4 mars 2021
Ma critique :
Dans ce nouveau roman, que j'hésitais à lire car j'avais peur d'être trop malmenée, mais que j'ai lu avec plaisir et sans regret, David Vann nous plonge au cœur de Komodo, dans la tourmente d'une femme.

Après plusieurs années sans l'avoir vu, Tracy et sa mère partent faire un stage de plongée sur l'île de Komodo avec Roy, le frère et fils.
Ce stage va être l'occasion pour nos personnages de renouer et pour Tracy de souffler de son quotidien. Mais l'on comprendra très vite que Tracy a de la rancœur envers son frère, rancœur qu'il soit toujours chouchouté et pardonné par leur mère, rancœur qu'il ait divorcé d'un mariage idyllique, là où elle-même peine à sortir la tête de l'eau de son quotidien auprès de jumeaux en bas âge difficilement supportables et auprès d'un mari absent.

C'est une fois de plus dans une tragédie psychologique que semble nous mener David Vann. L'on sent dès le départ que Tracy est à fleur de peau, au bord de la rupture.
Le contexte de l'océan, si vaste, nous enferme pourtant dans ce qui ressemble à un huis-clos. Loin de tout et sous l'eau, point d'échappatoire.
Sous le décor magnifique des poissons et des coraux, comme Tracy, nous sommes au bord de la suffocation. On s'y croirait, l'on voit les paysages sous nos yeux. Mais aussi enchanteurs soient-ils, ils n'empêchent pas l'étouffement, la montée du ressentiment.

David Vann nous mène ainsi jusqu'au deux tiers du roman. Puis laisse la place à la vie de Tracy. Où là aussi, comme sous l'océan, elle étouffe et est enfermée. On a ici une vision de la maternité loin d'être idyllique, mais qui existe et à laquelle il est important de donner corps et vie.

Si j'ai adoré cette lecture en apnée, le dénouement m'a quant à lui laissée sur ma faim. Il manque un quelque chose, un je-ne-sais-quoi, ou enfin plutôt, si j'ai une petite idée de ce qu'il m'aurait fallu, je ne vais pas vous la dire afin de vous laisser la surprise et vous faire votre propre avis.

Mots clefs : Famille - Mal-être - Maternité - Portrait de femme - Tension psychologique

Ma note : 16/20

Du même auteur :

vendredi 5 février 2021

Sandrine BEAU - La Porte de la Salle de bain

Talents Hauts - 8 € - 96 p. - Octobre 2015


Ma critique : Le livre que je vous présente aujourd'hui, je l'ai découvert dans Quotidien, présenté par La Voix du livre et Le cahier de lecture de Nathan. La thématique des livres présentés était l'inceste.

Ce roman raconte l'histoire de Mia, dont le copain de la mère, Lloyd, entre dans la salle de bain lorsqu'elle prend sa douche. Là, c'est le début de l'enfer et des interrogations pour Mia. Comment doit-elle réagir ? Jusqu'où Lloyd, le gentil copain de sa mère, musicien,  peut-il aller ?

Vous l'aurez compris, le sujet n'est pas évident. Tant par sa thématique que par le traitement de celle-ci. Et bien le roman de Sandrine Beau a tout bon. Il relate, simplement, factuellement, la situation que vit Mia et ce que cela implique pour elle.
Il n'y a rien de sordide dans ce roman. Rien de "trop". Seulement de la justesse.

C'est un roman comme j'aurai aimé en lire plutôt et qu'il faut mettre entre les mains des ados. 
Un roman nécessaire.

Mots clefs : incestuel - adolescence - famille recomposée

Ma note : 18/20

lundi 18 janvier 2021

Sigridur Hagalin Bjornsdottier - La lectrice disparue (trad. par Eric Boury)

Gaïa - 22€50 - 352 p. - Novembre 2020

Ma critique : J'aurai aimé commencer l'année en vous présentant un coup de cœur, ce n'est pas le cas. C'est un roman qui me laisse un fort sentiment mitigé.

Le départ est vraiment bien. On suit une famille atypique : deux mères, un même père, leurs deux enfants Edda et Einar. Il y a plusieurs temporalités narratives, le présent, l'enfance d'Edda et d'Einar et, au présent toujours, les pensées de la mère d'Einar.
Le point de départ est le suivant : Edda a disparu, il faut partir à sa recherche. Edda etait une petite fille qui ne vivait que pour la lecture. Enfermée dans ses livres, elle ne nouait pas de contact. Seul Einar entrait dans son monde. En grandissant, elle a changé, est devenue influenceuse sur les réseaux sociaux. Le jour et la nuit donc.
Toute cette narration m'a plu : leur enfance, la disparition, la quête menée par Einar pour la retrouver.

Cependant à un moment, ça a commencé à me déplaire. Je vais essayer de ne pas trop spoiler, mais en gros, on découvre une thèse qui expliquerait que la lecture serait mauvaise pour l'humanité et viendrait à disparaître. Et la manière dont sont amenées les choses dénature pas mal l'ambiance du roman et son postulat de départ, cet amour de la lecture qui m'a donné envie de le lire, justement.

Enfin, à la toute fin, nous est dévoilée une scène, qui apporte un éclaircissement à un passage, mais qui m'a tout bonnement traumatisée et n'était absolument pas nécessaire. Pour moi, cela a fini de casser tout ce que j'avais pu précédemment aimé dans ce roman.

Honnêtement, je vous suggérerai de vous faire votre propre avis. Je garde un bel attachement pour Einar, Edda et leurs mères. Mais le reste m'a profondément déçue.

Mots clefs : Famille - Lecture - Lien frère/soeur 

Ma note : 12/20
(Je laisse passer les jours, et je la modifierai peut-être...)

samedi 3 octobre 2020

Fatima DAAS - La Petite Dernière

 
Noir sur Blanc - 16€ - 192 p. - Août 2020

 
Ma critique : La Petite dernière, c’est elle, Fatima Daas, musulmane pratiquante, lesbienne. Dernière d’une fratrie de trois filles.

Tout au long du roman, en anaphore, Fatima Daas nous rappelle qui elle est. Comme pour s’affirmer auprès de nous. Ou plutôt auprès d’elle-même, comme une recherche d’acceptation de soi.

Elle nous livre un roman percutant. Des phrases courtes qui se suffisent à elles-mêmes, qui nous racontent qui elle est, cette Fatima, aux deux facettes. Mi dans la tradition familiale, mi elle-même, lesbienne.

Un roman nécessaire.

Mots Clefs : Famille - LGBT - Double culture - Islam

 Ma note : 15/20

mardi 29 septembre 2020

Tiffany McDaniel - Betty (trad. François Happe)

 

Gallmeister - 26€40 - 720 p. - Août 2020

 [J'avais espoir d'être à nouveau plus assidue ici, on constatera que ce n'est pas le cas. Alors que les 3 articles suivants ont été rédigé il y a environ 1 mois... Encore une fois, mieux vaut tard que jamais :)]

Ma critique : Betty, c’est une fresque familiale de 700 pages, où l’on suit la jeune Betty, la « Petite indienne ». Car le père de Betty est Cheroquee, comme lui, elle est typée, sa peau est plus foncée que celle de ses frères et sœurs.

Ainsi, on suit la vie de Betty, qui doit trouver sa place dans sa famille nombreuse composée de 6 enfants : un grand frère, deux grandes sœurs et deux petits frères. Betty, qui doit trouver sa place dans sa propre vie, auréolée d’un racisme ambiant.

Mais Betty est forte et intelligente, on suit son parcours tour à tour émus, choqués, inquiets.

Ce roman est empreint de sagesse, transmise par Landon, le père cheroquee. Mais il est aussi parsemé de violence, celle des hommes et celle des Hommes.

Cette lecture ne m’a clairement pas laissée indemne. J’ai parfois souhaité poser le livre. Mais je ne regrette pas une seconde de ne pas l’avoir fait.

 

Mots Clefs : Enfance - Famille - Amérindien -  Transmission - XXème siècle


Citations : "J'avais les yeux de mon père, et désormais j'avais aussi la souffrance de ma mère."
"Les gens croient que c'est quand ils vous supplient de rester, mais en fait, c'est quand ils vous laissent partir que vous savez qu'ils vous aiment pour de bon."
"Nous avons trop d'ennemis dans la vie pour en faire nous-mêmes partie."

 

Ma note : 17/20

 

D'autres héroïnes fortes...



 

lundi 15 juin 2020

Olivia RUIZ - La commode aux tiroirs de couleurs

 
JC Lattès - 19€90 - 208 p. - 3 juin 2020

Ma critique : Aujourd'hui je viens vous parler d'un livre que j'attendais avec impatience et qui ne m'a pas déçu, le premier roman d'Olivia Ruiz, que je suivais déjà en tant que chanteuse :)

Dans ce roman, la narratrice nous parle d'une commode qu'elle a hérité de sa grand-mère. Ce n'est pas n'importe quelle commode, c'est une commode aux tiroirs colorés dont chacun renferme un souvenir.

Chaque chapitre du livre raconte l'histoire de cette grand-mère en partant d'un souvenir qu'elle renferme. Ainsi, c'est la grand-mère qui prend la parole et nous raconte son histoire en parlant à sa petite-fille.
On apprend comment la famille a dû fuir la guerre civile d'Espagne et comment la narratrice et ses sœurs ont dû se construire en tant qu'émigrée en France.

Je craignais que le thème de la guerre d'Espagne soit trop présent pour me parler, me captiver. Mais ce qui nous est surtout narré, c'est cette émigration, ses conséquences, et la vie d'une femme.

L'écriture est fluide, simple sans être simpliste, et plutôt jolie. J'ai passé un excellent moment de lecture et je n'ai pas mis bien longtemps à le finir.

Si vous aimez les histoires familiales ou si vous êtes touchés par les histoires d'émigration, n'hésitez plus.

De plus, on comprend assez facilement que ce roman est assez autobiographique.

Mots Clefs : Emigration - Famille - Femme - Transmission

Ma note : 17/20