dimanche 15 octobre 2017

Christophe HONORE - Ton père

Mercure de France - 17 € - 192 p. - 7 septembre 2017

Ma critique :
« Guerre et paix : contrepèterie douteuse ? »
C'est ce que trouve la fille du réalisateur Christophe Honoré sur leur porte d'entrée. Et ce n'est que le début.
Par ces mots, on signifie à ce père et à sa fille qu'ils ne devraient pas être. Pas en tant que personne, en tant que parent et enfant. Car on signifie à Christophe Honoré qu'il est gay et qu'on le sait. Et que quand on est gay, on ne doit pas avoir d'enfant. 
Pensée archaïque au possible, écho de certaines manifestations au moment de la loi sur la mariage pour tous. Echo donc d'une drôle de société qui n'évolue pas toujours avec son temps.
Ce mot n'est que le début. D'autres actes suivront. Ainsi, Christophe Honoré nous ouvre un pan de sa vie avec sa fille, un peu de son passé et un peu de ses réflexions sur lui-même dans cette auto-fiction. Une autobiographie qui n'est est pas une. Il parle de lui, de sa fille, de notre monde, mais sous couvert d'un roman.

J'ai beaucoup beaucoup aimé ce livre. A savoir que je l'attendais au tournant : Christophe Honoré est un réalisateur que j'adore, sinon mon réalisateur préféré. Et je ne l'avais encore jamais lu.
Le livre est assez différent de ses films, moins poétique, moins visuel. Mais on y retrouve son regard sur la vie quotidienne.
C'est un livre que je n'ai pas réussi à lâcher avant de le finir : l'histoire est intrigante, sa fille attachante, et le thème de société dont il est question est un thème qui m’intéresse personnellement.
Pour toutes ces raisons, j'aurai tendance à vous dire de vous laisser tenter par ce roman.


Mots Clefs : Paternité - Homosexualité - Société - Homoparentalité - Relation père/fille


Ma note : 17/20

lundi 25 septembre 2017

Jenni FAGAN - Les buveurs de lumière

Métailié - 20 € - 304 p. - 24 août 2017

Ma critique : Les Buveurs de lumière, c'est un roman lumineux, qui m'a fait beaucoup de bien malgré le contexte dramatique qu'il dépeint.

On suit la vie de deux personnages principaux dans un contexte de nouvelle ère glacière : il fait froid, il y a des icebergs, la circulation devient difficile. 
Dans tout ça Stella se construit : elle cherche sa place dans un monde qui ne la comprend pas, elle cherche à être elle-même malgré les regards des siens. 
Dylan, lui, vit un retour aux sources puisqu'il vient s'installer où vivaient sa mère et sa grand-mère. 
Et bien sûr ces deux personnages se rencontrent et s'apprivoisent par la proximité de leurs habitations. Leurs quotidiens se croisent et s’emmêlent car autour d'eux, il y a Constance, la mère de Stella. Constance qui fréquente toujours le père de Stella, marié, mais aussi, en même temps et depuis longtemps, un autre homme. Constance qui plait à Dylan. 

Ce petit monde vit et survit, nous sommes avec eux, au quotidien. Ils sont terriblement humains, terriblement vrais, terriblement justes et on aimerait vraiment les rencontrer.

Tout est beau dans ce roman, le paysage, les personnages, la plume de l'auteur. J'en redemande et vous recommande de tenter l'aventure, ou plutôt la rencontre de ces êtres cassés mais vivants.

Mots Clefs : Transidentité - Adolescence - Hiver - Famille

Extraits : "Quand les adultes entendent grincer une petite porte sombre dans leur coeur, ils montent le son de la télé. Ils s'enfilent un verre de vin.Ils disent au chat que c'était juste une porte qui grinçait. Le chat sait. Il saute du canapé et sort de la pièce. Quand cette petite porte sombre dans un cœur se met à faire clic-clac clic-clac clic-clac si fort et si violemment qu'on voit littéralement battre leur poitrine - eh bien là ils disent qu'ils ont du cholestérol et ils essaient d'arrêter le beurre, ils se mettent à aller marcher."
"Peut-être que certaines particules d'amour ne disparaissent jamais" 

Ma note : 19/20


mardi 29 août 2017

Amélie NOTHOMB - Frappe-toi le coeur

Albin Michel - 16€90 - 180 p. - 23 août 2017


Si Nothomb reste parmi mes écrivains favoris, il serait mentir de dire que j'ai aimé tous ses romans ces dernières années.


Chaque année, retrouver sa prose est une grande attente : cette année le Nothomb sera-t-il génial ? décevant ?
Retrouver son style d'écriture est toutefois toujours un plaisir.

Pour vous dire deux trois mots sur l'histoire, tout en vous la laissant découvrir par vous-même comme je l'ai fait moi-même : on suit d'abord Marie, personnage clef du roman. Elle donne naissance à Diane mais ne parvient pas vraiment à s'attacher à l'enfant car elle en est jalouse.
Puis on suit Diane, qui se construit comme elle peut malgré cette (non-)relation difficile.
D'autres personnages s'ajouteront à cette histoire pour en faire un roman sur la maternité, la construction de soi et la jalousie.

Le fin mot de mes attentes, c'est que celui de cette année, je l'ai aimé. Il m'a fait passer un très bon moment.
J'y ai retrouvé des personnages forts et marquants aux caractères particuliers qui me plaisent tant chez Amélie Nothomb.
Le seul bémol pour moi est ici l'accélération dont fait preuve le roman. Je pense qu'il y aurait eu quelque chose de plus à creuser en ce qui concerne la vie de Marie et celle de Diane. Mais ce n'est pas très grave en soi non plus.

Ma note : 17/20

Mots Clefs : Maternité - Jalousie - Relation parent/enfant - Construction de soi

mercredi 9 août 2017

Paula HAWKINS - Au fond de l'eau

Sonatine - 22 € - 407 p. - 8 juin 2017

Ma critique : Alors, ce bouquin, j'avais quelques réticences à le lire. Déjà, le sujet me branchait moyen. Ensuite, j'avais beaucoup aimé le premier roman de l'auteur, La Fille du Train, et je m'attendais donc à être déçue par celui-là.
Et en fait, j'ai complètement adhéré.

En deux mots, toute l'histoire tourne autour d'un bassin dans lequel des femmes ont été, de tous temps, retrouver morte. Plus récemment, une ado Katy y est retrouvée. Puis c'est le tour de Nel. Qu'a bien t-il pu se passer ?
Pour tenter de le comprendre, Jules, la soeur de Nel, Lena, l'amie de Katy et fille de Nel, ou encore des policiers ou des habitants de la ville vont nous exposer ce qu'ils pensent, ce qu'ils ont vécus.

Alors si j'ai adhéré, c'est d'abord grâce à la forme : Non seulement les chapitres sont très courts, ce qui donne beaucoup de rythme au roman, mais en plus c'est un roman polyphonique. J'adore ce type de roman. Avoir le point de vue de différents personnages me permet de vraiment rentrer dans l'histoire, de la vivre comme si j'y étais. (D'ailleurs si vous avez des conseils de romans de ce type, je suis preneuse...)
Pour l'histoire, quant à elle, elle est très prenante : très vite, on veut aussi savoir ce qu'il s'est passé. On veut aussi comprendre. Et on soupçonne tout le monde. Dès qu'on a une piste, une autre se greffe. Jusqu'à la fin, je n'ai eu aucune certitude. Même si je suis bon public, n'est-ce pas ce qu'on attend d'un bon polar ?

J'ai mis quelque temps avant de ne plus pouvoir le lâcher du tout, mais vous aurez compris, je suis conquise :)


Ma note : 17/20

Mots Clefs : Roman policier - Noyade - Roman polyphonique

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 La fille du train  Qui ?

vendredi 28 juillet 2017

Raphaël JERUSALMY - Evacuation

Acte sud - 16€50 - 144 p. - Avril 2017

Ma critique : Ce roman, il m'a "appelé", si je puis dire. Il est sorti il y a quelques temps déjà. Ni son titre, ni sa couverture ne m'attiraient.

Mais ces derniers jours, plusieurs fois, je l'ai feuilleté, j'ai lu la quatrième de couverture, puis j'ai lu le début.

J'ai d'abord été captivée par sa forme : De courts chapitres dans lesquels on retrouve régulièrement, des illustrations de panneaux routiers.

Alors hier soir, je l'ai pris, et je l'ai lu.

De quoi ça parle ? De Naor, de sa copine Yael et de son grand-père Saba. Alors que Tel Aviv est évacuée, tous les trois, vont rester. Et vivre clandestinement dans cette ville désertée. Survivre entre les bombardements.
Oui, mais ils ne sont pas n'importe qui : Naor est étudiant en cinéma, il fera un film au smartphone de ce qu'ils vivront, Yael est peintre, Saba est un littéraire.
Leur histoire est racontée par Naor à sa mère, qui ponctue le récit de ses quelques interventions. Ils voyagent ensemble. Où vont-ils ? vous ne le saurez qu'en lisant le livre.

Tel Aviv m'est inconnue. Mais le sujet, l'errance dans une ville déserte m'a plu. Et la narration, les trois personnages, m'ont vraiment convaincue et touchée. C'est juste, c'est poétique d'une certaine manière. C'est un texte qui ne m'a pas laissée de marbre.

Il n'y a pas de jugement dans ce roman. Juste de la narration. Juste une errance.

Mots Clefs : Errance - Évacuation - Resistance - Survie

Ma note : 17/20


mardi 18 juillet 2017

Marie-Lorna VACONSIN - Le Projet Starpoint T.1

La Belle Colère - 19 € - 380 p. - Mars 2017

Ma critique :
Pythagore Luchon, malgré son prénom, est un élève comme un autre. Il entre en seconde où il doit retrouver sa meilleure amie Louise. Mais voilà que celle-ci l'ignore : elle s'est trouvé une autre amie, une fille étrange aux cheveux rouges, Foresta Erivan.

Jusqu'au jour où la-dîte Foresta vient le chercher pour qu'il l'aide à retrouver Louise qui a disparu, dans un autre monde.

J'ai lu ce roman il y a quelques temps déjà et il ne m'a pas laissé un souvenir impérissable mais quand-même une très bonne impression.
C'est un roman auquel on s'attache par l'originalité de son univers. Un univers parallèle aquatique comme l'on en voit peu. Dans lequel on entre par des "angle-morts".
L'intrigue en elle-même n'est pas archi exceptionnelle, on a du déjà vu, mais l'univers et l'écriture très simple malgré les explications scientifiques font qu'on entre vraiment bien dans l'histoire et qu'on prend plaisir à le lire.

En bref, un roman que l'on lit sans se prendre la tête et dans lequel on passe un bon moment.

Mots Clefs : SF - Amitié - Monde parallèle - Adolescence
Ma note : 15/20

dimanche 16 juillet 2017

Christelle DABOS - Les fiancés de l'hiver

Gallimard Jeunesse - 18 € - 528 p. - Juin 2013

Ma critique : Ophélie est une liseuse sur l'arche d'Anima. Pour faire simple, cela signifie qu'en les touchant, elle lit le passé des objets. Mais un jour, on la tire de sa paisible existence en la fiançant à Thorn, du clan des Dragons. De là, sa vie va changer : elle va devoir le suivre à la citacielle et découvrir la nouvelle vie qui l'attend, seulement accompagnée de sa tante. 
Sa nouvelle vie sera radicalement différente : elle sera dissimulée au monde et devra apprendre leurs convenances et les particularités des familles qu'elle côtoiera.

Quelques années maintenant que ce roman et sa suite sont des best-seller. Quelques mois qu'il m'attendait dans ma PAL. A la sortie effervescente du 3ème tome, intriguée, je me suis lancée dans l'aventure.

J'en ressors très mitigée, pour ne pas dire déçue.
L'univers est beau, presque cinématographique. Il y a des intrigues, des attentes, presque comme l'on suit une série tv. Mais le tout est mou, mou, MOU !! 
Je me suis ennuyée ! Je me le suis traînée des semaines ce livre. Un univers prometteur, enchanteur, mais que l'on découvre au ralenti.
Et les personnages ne sont pas attachants pour un sou. Ils sont aussi ennuyeux que ma lecture.
Je ne me suis prise au jeu qu'aux 100 dernières pages. Là, j'ai commencé à m’intéresser, à me questionne sur la suite, et à être intriguée par Thorn.

Mais ça s'arrête là. Je ne suis pas encore décidée sur si je lirai la suite ou non. On verra.

Mots Clefs : Fantasy - Aventure - Magie - Complot - Fiançaille

Citation : "On peut aimer d'un seul regard. D'ailleurs, on ne s'aime jamais si bien que quand on se connaît fort mal."
Ma note : 13/20


mercredi 24 mai 2017

Laetitia COLOMBANI - La tresse

Grasset - 18 € - 224 p. - 10 mai 2017

Ma critique :
3 destins de femmes. 3 femmes d'âges différents et de cultures différentes. 3 vies différentes.
Smita veut permettre à sa fille d'échapper à sa condition en Inde
Giulia travaille pour l'entreprise de son père en Sicile.
Sarah est avocate à Montréal.

On suit leur parcours tour à tour, un chapitre chacune. 
Mais chacune voit son monde vaciller. Et l'on est témoin de leur courage pour affronter les changements qui vont résulter de ce vacillement.

On s'attache à chacune des ces trois femmes. Malgré leurs différences, elles ont en commun une force que chacun peut trouver en soi.

C'est une belle histoire de vie, une belle histoire de destins qui changent de chemin, un roman lumineux et plein d'espoir que je vous recommande sans crainte.

Ma note : 17/20

Mots clefs : Femme - Destin - Contemporain

samedi 13 mai 2017

Anne-Fleur MULTON (DIGLEE aux illustrations) - Viser la lune

Poulpe Fictions - 9€95 - 168 p. - 4 mai 2017

Ma critique : 
Alerte Coup de Coeur !

Pour un roman jeunesse, oui oui !
Qui m'a fait me coucher une heure plus tard en semaine car je voulais en connaître la fin.

Viser la lune est le premier roman du nouveau label éditorial Poulpe fictions.

Il nous est raconté par Aliénor alias Ali, jeune fille de 13 ans, passionnée d'astronomie et de science vivant en Guyane.
Aliénor rencontre par hasard sur internet Azza qui vit à Lyon, Itaï qui vit en Nouvelle Calédonie et Maria qui vit à Montréal. Et là, c'est le coup de foudre amical. Ces quatre filles se retrouvent régulièrement en ligne, malgré le décalage horaire, pour se partager leurs joies, leurs peines, leurs rigolades et leur quotidien. Jusqu'au jour où elles décident de lancer leur chaîne YouTube pour parler de leurs passions respectives.

Ce roman est une pépite. Il contient tout : de l'amitié, de la joie, de l'entraide et j'en passe. Il nous montre quatre filles géniales, avec chacune leurs caractères et leurs particularités.
C'est un livre moderne et actuel, une ode aux amitiés virtuelles mais aussi une ode à la différence. 
Et c'est aussi un livre qui vous montre sans exagération aucune que les passions des jeunes filles sont les mêmes que celles des jeunes hommes.
Dans ce livre, on aborde tout un tas de sujets différents et de préoccupations d'ados et pré-ados sans que cela fasse too much. Tout est juste et bien amené. 

Franchement, c'est un sans-faute.

Un condensé d'émotions dans 168 pages de fraîcheur. J'ai tellement hâte de lire la suite de leurs aventures.

Je pense que ce livre peut plaire à tous, dès que les enfants et pré-ados ont mis le nez sur Skype ou sur YouTube. 
A savoir qu'il est le 1er tome d'une série nommée "Allo Sorcières"


Ma note : 20/20

Mots clefs : Amitié - Correspondances - Francophonie - Geek - Egalité

lundi 24 avril 2017

JP DELANEY - La fille d'avant

Mazarine - 21€90 - 430 p. - Mars 2017

Ma critique :
Un roman qui commence à faire parler et à raison !

Dans ce thriller psychologique, on suit deux femmes : Emma, avant. Et Jane, maintenant.
Toutes deux ont en commun d'avoir emménagé dans un appartement un peu spécial dont l'architecte a des exigences particulières en matière de locataire. Le deal est simple : il loue un bel appartement minimaliste pas trop cher, et les locataires doivent correspondre à un type précis. Pour cela, avant d'être acceptés, ils doivent remplir un long questionnaire plutôt intrusif.

Sauf que, Jane, commence à être intriguée par la fin mystérieuse qu'a connue Emma, la locataire précédente.

Déjà, j'ai adoré la construction du roman : alterner entre la vie de chacune des deux filles, celle d'avant, celle du présent, afin de comprendre ce qu'il s'est passé, et de se demander si pour l'autre, il se passera aussi quelque chose.
De plus, entre chaque chapitre nous est délivrée une des questions du questionnaire qu'ont rempli préalablement les locataires.
Ensuite, j'ai beaucoup aimé l'ambiance du roman. Par l'appartement dont il est question et par le personnage d'Edouard Monkford, l'architecte, on entre dans le roman comme dans un lieu aseptisé. Edouard Monkford est un personnage spécial, sûr de lui, froid, très perfectionniste. Il n'est pas attachant mais il est intriguant. Son mode de vie, sans encombrement, donne presque envie. Presque.
L'ambiance est renforcée par les questions inter-chapitre et par les descriptions de l'appartement, du système d'exploitation qui gère toutes les interactions électriques et logistiques.

Un roman comme j'aime, où on s’intéresse à la psychologie de personnages un peu particuliers, avec une construction tout aussi particulière qui nous plonge dedans. On veut poursuivre la lecture, s'avoir ce qu'il s'est passé et ce qu'il va se passer. 

Si comme moi vous aimez les thrillers psychologiques simples à lire mais addictif, allez-y !

Ma note : 18/20


Mots clefs : Thriller psychologique - Minimalisme - Architecture

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mercredi 12 avril 2017

Pierre JOURDE - Winter is coming

Galliamrd - 15 € - 160 p. - 9 mars 2017

Ma critique :
Winter is coming, c'est le titre d'un morceau de Kid Atlaas. 
Kid Atlaas est le pseudo d'un fils de Pierre Jourde, Gabriel.
En 2014, Gabriel est décédé à 20 ans d'une maladie que l'on ne peut qualifier de "longue" car elle n'a duré "que" 11 mois. 11 mois quand on se rend compte qu'on perd son fils, c'est court. Quand on sait qu'il souffre c'est long. Mais ce ne sont que 11 mois.
Winter is coming est un titre très à propos, car l'hiver est venu sur Gabriel et pour Pierre Jourde et leur famille.
Winter is coming, celui du père, Pierre Jourde, est le récit des 11 mois précédent la mort de Gabriel.

S'il m'est impossible de juger ce livre, de le conseiller et le sur-conseiller, je peux vous dire qu'il est d'une profonde justesse, celle que confère la réalité, le témoignage ; et d'une grande qualité littéraire venue, cette fois, de son auteur, qui était déjà écrivain, critique et prof avant la rédaction de ce récit très personnel. 
Je peux vous dire aussi que j'ai grandement apprécié ma lecture, bien qu'elle fut douloureuse. Cette souffrance, ça reste la vie. La manière dont elle est racontée ne rend pas notre lecture malsaine, ce n'est pas un acte de voyeurisme, c'est la vie et la littérature.

Gabriel était un artiste. Gabriel était jeune. Gabriel était aimé. Gabriel n'est plus.
Pierre Jourde raconte la douleur. Pierre Jourde raconte l'espoir, vain. Pierre Jourde raconte une parcelle de sa vie. Mais surtout, Pierre Jourde raconte bien et juste.

On ne peut pas rester indifférent face à cette lecture.


dimanche 26 mars 2017

Ami POLONSKY - Le Secret de Grayson

Albin Michel "litt'" - 15€90 - 336 p. - Août 2016

Ma critique :

Grayson est un jeune collégien orphelin qui vit chez son oncle et sa tante. Ce que ne savent ni sa famille, ni ses camarades, c'est que Grayson n'est pas un garçon. Grayson est une fille, et il tentera de se faire accepter comme telle par le biais d'une pièce de théâtre.

J'avais très envie de lire ce livre pour la thématique qu'il traite, tout en ayant un peu peur de la manière dont elle allait être traitée.
Au final, ce n'est pas tant le traitement qui m'a gêné, bien qu'il n'échappe pas aux clichés, mais plutôt tous les malheurs qui accablent Grayson. A croire qu'une personne avec une vie lambda ne peut pas s'identifier à l'autre genre, non, il faut qu'en plus de cela, Grayson ait tous les malheurs du monde : il est orphelin, vit avec un cousin odieux, sympathise avec une fille méchante. Il faut forcément qu'il parte de loin pour arriver à la lumière.
Mais eh, oh, on peut avoir une vie lambda, et "conventionnelle", et s'identifier dans le genre opposé à celui qu'on nous a assigné à la naissance.
Voilà le bémol pour moi : forcément aller au drame. 
Après, heureusement, les choses évoluent pour Grayson. je ne vous en dis pas plus et vous laisse découvrir son histoire par vous même.

Au niveau du style, c'est un livre que j'ai mis "assez longtemps" à lire. Le style ne m'a pas captivée, je pense que l’enchaînement de malheurs et la narration plaintive ont engendré des passages longuets. Dommage.

Encore une fois, j'apprécie de voir le transgendérisme et les transidentités abordés en littérature jeunesse, et rien que pour ça je vous encourage à le lire : c'est un petit pas vers l'acceptation que ce thème se répande en littérature jeunesse et ado en ce moment. 
Mais j'ai toujours une préférence pour La face cachée de Luna (maintenant : Cette fille c'était mon frère) qui est un roman très cher à mon cœur.

Ma note : 16/20

Mots Clefs : Transidentité - Différence - Genre - Théâtre

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samedi 25 mars 2017

Julie Ann Peters - La face cachée de Luna / Cette fille c'était mon frère

Milan - 13€90 -  379 p. - Avril 2016
Ancienne édition, épuisée





















En attendant une relecture pour une critique plus étoffée, je vous remets ici l'avis que j'avais rédigé en 2008 sur mon ancien blog...


Présentation de l'éditeur : Liam, le frère de Regan, ne supporte pas ce qu'il est. Ce qu'il est en apparence. Car tout comme la lune, sa véritable nature ne se révèle que la nuit, en cachette. Depuis des années, Liam " emprunte " les habits et le maquillage de Regan. Dans le secret de leurs chambres, Liam devient Luna. Le garçon devient fille. Un secret inavouable, chaque jour plus invivable. Pour la sœur, pour le frère, et pour Luna elle-même...

Mon court avis de l'époque : Ça c'est un bouquin que j'ai vraiment envie de conseiller, un de mes livres préférés. Une histoire touchante et attachante sur la rechercher de soi, de sa personnalité.

Citations : 
"Je serai toujours une poule mouillée, je suis tellement lâche, je me dégoûte d'avoir si peur de tout et de tout le monde, si peur que je n'aurai jamais de vie, ordinaire ou non."
"Parler de quoi ? ai-je demandé, en fouillant dans mon casier à la recherche de... je ne sais quoi. Un gilet de sauvetage ?" 

Ma note : 20/20 

vendredi 24 mars 2017

Marie PAVLENO - Je suis ton soleil

Flammarion - 17€50 - 462 p. - 8 mars 2017

Présentation de l'éditeur : Déborah démarre son année de terminale sans une paire de chaussures, rapport à Isidore le chien-clochard qui s'acharne à les dévorer. Mais ce n'est pas le pire, non. Le pire est-ce sa mère qui se met à découper frénétiquement des magazines ou son père au bras d'une inconnue aux longs cheveux bouclés? Le bac est en ligne de mire, et il va falloir de l'aide, des amis, du courage et beaucoup d'humour à Déborah pour percer les nuages, comme un soleil.

Ma critique : Il y a de ces romans, que l'on attend avec impatience, et qu'en même temps, on redoute de lire : la peur d'être déçu. Je suis ton soleil, pour moi, était de ceux-là.

Avec impatience, car j'avais déjà lu et aimé 2 romans de Marie Pavlenko. Car cette auteure est aussi, personnellement, quelqu'un qui m'a touchée par sa gentillesse, sans même l'avoir rencontrée.
Peur d'être déçue car : une couverture attrayante, une comm' assez poussée, de premiers articles de blog plus qu'élogieux.

Et le résultat est celui-ci : j'ai passé un très bon moment de lecture. J'ai souri, j'ai été touchée. Les personnages sont vrais, on pourrait les côtoyer au quotidien. 
Mais ce n'est pas un coup de coeur. Il m'a manqué un je-ne-sais-quoi, une petite étincelle de magie pour rendre ce roman "parfait", inoubliable.
Le roman a rempli mes attentes dans le sens où il m'a diverti, où j'avais vraiment plaisir à le retrouver le soir. Mais d'un autre côté, j'en attendais plus, la faute à ce que je vous ai confié plus haut.
En ce qui concerne l'intrigue, l'histoire en elle-même, elle est aussi réaliste que les personnages sont vraies : on n'y trouve plein de moments de vie, plus ou moins difficiles, que l'on connaîtra probablement un jour. Ce qui permet à l'auteur d'aborder 2/3 thèmes sensibles sans dramatiser. J'ai apprécié :)

Alors voilà, allez-y, comme moi, vous serez touchés et divertis. De mon côté, j'ai, pour plus tard, La fille-sortilège qui m'attend dans ma PAL :)


Ma note : 15/20


Mots clefs : Terminale - Amitié - Dépression - Parents/enfants - Séparation

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dimanche 5 mars 2017

Camille ANSEAUME - Ta façon d'être au monde

Pocket - 
Présentation de l'éditeur : Elles sont amies d’enfance. L’une est inquiète, rêveuse, introvertie ; l’autre est souriante, joyeuse, lumineuse. Ensemble, elles grandissent, découvrent la vie, l’amour. Jusqu’à ce qu’un drame bouleverse le monde qu’elles se sont bâti... Un roman poignant sur l’amitié, le deuil, et sur ce point de bascule irréversible qui sonne la fin de l’insouciance.

Ma vision des choses : Un roman que j'avais repéré dès sa sortie grand format pour le thème abordé : l'amitié. Faute de temps, je ne l'avais pas lu à ce moment-là. J'ai profité de sa sortie poche pour le lire.

Vous dire ce que j'en ai pensé... Oui, l'histoire c'est globalement ça. Sauf que.

Dès le départ, la narration est étonnante. Tour à tour à la deuxième personne du singulier lorsqu'on parle de l'une des deux filles, tour à tour à la troisième personne lorsqu'on parle de l'autre. Lectrice depuis longtemps de toute sorte d’œuvres, ça m'a plus d'une fois perdue. Laquelle est laquelle ? Surtout que  dans la deuxieme partie du livre, le "elle" devient "je"
Ensuite, je ne sais pas si c'est dû à ce style de narration, mais je ne me suis pas du tout attachée aux personnages. Si l'on regarde la construction, elles sont toutes deux racontées depuis leur plus tendre enfance. Et pourtant je n'ai rien su d'elle, l'auteur ne nous donne pas la possibilité de les connaître vraiment et de nous attacher à elles.

C'est une lecture qui est restée assez plaisante mais globalement très superficielle. Mention spéciale à la fin, que j'ai, elle, adorée. Sans ironie. Dommage qu'il ait fallu attendre la fin. Mais le roman aurait perdu tout son sens si cela s'était déroulé autrement...

A vous de voir.

Mots clefs : Amitié - Vie - Enfance
Ma note : 14/20

Sur le thème de l'amitié...
 D'après une histoire vraie  quatre filles et un jean  L'invitation

lundi 27 février 2017

Jean HEGLAND - Dans la forêt

Gallmeister - 23€50 - 300 p. - Janvier 2017
Ma critique : Après une pénurie, Eva et Nell, dix-huit et dix-sept ans, se retrouvent seules chez elles, dans leur maison au fond de la forêt et loin de tout. Alors qu'Eva avait des rêves de danse classique, Nell rêvait d'étudier. L'une continue tant bien que mal ses entraînements, pendant que l'autre nous livre leur quotidien qu'elle écrit dans un journal.

On pourrait penser à un roman post-apo ou une histoire de survie supplémentaire. Oui mais non. Je ne sais si c'est du fait que l'histoire nous soit contée par une jeune fille ou quoi, mais il y a quelque chose d'à part dans la lecture de ce livre.
Déjà, l'absence de mélodrame. Certes, la situation est difficile et tragique, mais ce n'est pas exagéré. On suit le quotidien des jeunes filles, leurs craintes et leurs espoirs, leurs tactiques et leurs manières de survivre pour tenir bon tant physiquement que moralement.

Pendant ces 300 pages, nous sommes avec elles dans les bois, nous compatissons et nous espérons. Car l'espoir persiste, l'espoir qu'une autre vie est possible, l'espoir que les choses se rétabliront. 
Cet espoir passe beaucoup par la relation des deux sœurs : elles s'entraident, s'aiment et se soutiennent. Bien sur il y a parfois des accrocs, des désaccords et des rancunes, engendrés par le fait d'être seules, impuissantes et renfermées l'une sur l'autre. Mais c'est grâce à cette relation, au fait qu'elles se serrent les coudes, que la vie est possible malgré tout.

Une vraie belle lecture bouleversante.

Mots clefs : Nature writing - Fraternité - Entraide - Solitude - Survie

Ma note : 17/20

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 Sukkwan Island

dimanche 26 février 2017

Gabriel KATZ - La maîtresse de Guerre

Pocket - 8€50 - 480 p. - Mars 2016 (2014)
Présentation de l'éditeur : À sa naissance, tout le village du Nordland était en deuil : l’enfant unique d’Horn, le maître d’armes, était une fille. 
Vingt ans plus tard, Kaelyn n’aspire qu’à marcher sur les traces de son père et devenir Maîtresse de guerre, la plus haute des distinctions. 
Armée de son courage, de son talent et de quelques rudiments d’escrime, elle prend la route du lointain sultanat d’Azman, terre barbare en proie aux cannibales. Mais ce n’est pas sur le champ de bataille que la belle et sensuelle Kaelyn va mener son combat, car de nombreux défis l’attendent avant qu’elle puisse se prétendre digne de porter l’épée…

Ma critique :
Des mois que Gabriel Katz est encensé sur la blogosphère et parmi ses lecteurs. Plusieurs de ses romans m'ont fait de l’œil. Et pourtant je n'avais pas encore pris le temps. Toujours la même rengaine "Trop de livres tentant, pas assez de temps".
Avec la sortie poche de La maîtresse de guerre, j'ai saisi l'occasion de rattraper mon erreur.

Ce qui m'a plu dans l'écriture de Gabriel Katz, c'est qu'il nous embarque de suite avec lui d'une plume vive et acérée. On est directement dans le vif du sujet et on en redemande.
Le récit est bien construit : Kaelyn est introduite par une présentation du milieu d'où elle vient et du contexte qui englobe le monde dans lequel on est. Monde qu'on découvre petit à petit, au fur et à mesure que Kaelyn y pose les yeux et y mène ses pas.

Pour ce qui est de l'histoire, tout y est : une intrigue menant à l'aventure, une possibilité entrouverte de romance et une héroïne hors du commun. Car Kaelyn est une héroïne complexe : elle est fougueuse, impétueuse, elle ose tout, mais est jeune et ne maîtrise pas encore tous les codes de la vie, de la société, et du monde de la guerre. C'est un roman résolument féministe à travers ce personnage : Kaelyn n'en fait pas trop, Kaelyn est juste. Avec ses forces et ses faiblesse.

J’ajouterai une mention spéciale au personnage d'Hadrian : il en impose par ses compétences mais reste mystérieux : on en sait très peu sur lui. Il garde ses distances avec Kaaelyn, mais cède parfois du terrain, comme une faiblesse qui se dévoilerait en de très rares occasions. C'est à la fois dommage d'en savoir si peu sur lui et à la fois une bonne chose car cela fait parti intégrante du personnage.

Enfin, j'ai vraiment apprécié le rythme haletant, fait de courts chapitres et de multiples rebondissements.

Vous l'aurez compris, j'espère, ce roman m'a emballée ! Ainsi, j'ai hâte d'avoir la possibilité de découvrir d'autres romans de l'auteur.

Ma note : 17/20

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lundi 13 février 2017

Rachel HAWKINS - Hex Hall T.1

Le Livre de Poche - 5€90 - 288 p. - 2014

Présentation de l'éditeur : "Sophie Mercer ne sait pas user de ses pouvoirs de sorcière avec discernement. C’est pour cette raison que son père, lui-même magicien, décide de l’envoyer faire ses études dans un lycée pour « élèves hors normes », en Géorgie. Et, quand on est expédiée à Hex Hall pour usage inapproprié de la magie, que l’on y côtoie vampires, spectres et loups-garous, qu'on doit empêcher une vampire aux cheveux roses de prendre feu, lutter contre trois ravissantes sorcières aussi dangereuses que des top models en manque de magazines, et résister à un séduisant sorcier très très agaçant, on n'a aucun besoin qu'une élève soit retrouvée vidée de son sang. C'est pourtant ce qui arrive à Sophie. Et Sophie, il ne faut surtout pas l’énerver..."

Ma critique : Un livre que j'avais depuis longtemps dans ma PAL, offert par une copine. J'ai profité d'un voyage en train pour le lire : ayant souvent des difficultés de concentration, un livre ado facile à lire et divertissant ma paraissait adapté. Et ce fut un bon choix.

Ce premier tome est une petite lecture fantastique toute simple. L'héroïne est une sorcière un peu perdue, et j'ai eu un faible pour sa colocataire de chambrée, une vampirette obsédée par le rose et victime de rejet car différente de par sa condition.

L'histoire, elle, est simple : une première année dans une école pour sorcières & co qui maitrisent mal leur pouvoir, des enquêtes pour meurtre ou élève malmené et enfin, des élèves peu sympathiques pas toujours animés de bonnes intentions.

Ce n'est pas LE roman du siècle, mais il a répondu à mes attentes en me divertissant : on passe un bon moment.

Ma note : 14/20

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lundi 6 février 2017

David VANN - Aquarium

Gallmeister- 23 € - 280 p. - 3 octobre 2016

Ma critique : Chaque jour après l'école, Caitlin, douze ans, attend que sa mère rentre du travail et vienne la chercher à l'aquarium de la ville. Elle est fascinée par tous ces poissons aux multiples aspects, multiples particularités et couleurs chatoyantes.
Un jour, elle y rencontre un vieux monsieur, comme elle, en admiration devant les poissons. C'est une nouvelle amitié qui naît, mais qui très vite, ne conviendra pas à la mère de Caitlin.

J'étais tombée sous le charme de l'écriture de David Vann avec Sukkwan Island, très beau roman mais aussi très dur.
Ici, le roman n'est pas aussi noir que Sukkwan Island ou que les précédents romans de l'auteur. Il reste heureusement très prenant par l'écriture. L'intrigue est assez simple, on peut voir venir certaines choses, mais cela ne m'a pas empêché d'adorer ma lecture. Caitlin est tout aussi attachante que le vieux monsieur ; et la mère de Caitlin, bien que plus dure, reste un personnage charismatique important.
Tout n'est cependant pas joyeux, il y a des passages très très dur, la faute à la vie que mènent Caitlin et sa mère, dans leur petit appartement, et une certaine précarité. Mais je pense que David Vann a un réel talent pour transcrire les moments durs, pour nous captiver sans voyeurisme.

En bref, c'est un roman un peu moins fort que d'autres de l'auteur mais dont j'ai tout de même adoré l'histoire, l'ambiance et les personnages principaux


Mots-clefs : Relation familiale, Amitié, Adolescence, Aquarium, Drame


Ma note : 17/20

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