mardi 19 juillet 2016

Franck THILLIEZ - Rêver

Fleuve noir - 21€90 - 600 p. - Mai 2016

Présentation de l'éditeur :«Pour la plupart des gens, le rêve s’arrête au réveil. » Si ce n’étaient ses cicatrices et les photos étranges qui tapissent les murs de son bureau, on pourrait dire d’Abigaël qu’elle est une femme comme les autres. 
 Si ce n’étaient ces moments où elle chute au pays des rêves, on pourrait jurer qu’Abigaël dit vrai. Abigaël a beau être cette psychologue qu’on s’arrache sur les affaires criminelles difficiles, sa maladie survient toujours comme une invitée non désirée. Une narcolepsie sévère qui la coupe du monde plusieurs fois par jour et l’emmène dans une dimension où le rêve empiète sur la réalité. Pour les distinguer l’un de l’autre, elle n’a pas trouvé mieux que la douleur. "

Ma critique : Dans ce polar, on suit la psychologue Abigaël sur une enquête sur des enfants disparus à la place desquels sont retrouvés des épouvantails faits de leurs vêtements. Sachant qu'Abigaël a beau être très compétente, sa vie est mise à l'épreuve par ses troubles du sommeil : elle tombe endormie sans aucun contrôle n'importe quand, et a des difficultés à desceller le rêve de la réalité. Sa vie va très vite être bouleversée par un drame personnel qui se mêlera à son enquête.

Un résumé très succint pour un livre un peu plus complexe. Mais lorsqu'il s'agit de polar et d'enquête, trop en dire reviendrait à gâcher beaucoup de plaisir de lecture.
C'etait la première fois pour moi que je lisais un roman de Franck Thilliez. On m'avait dit qu'il faisait des livres trop sanglants, trop violents. Ici, ce n'est pas le cas.
C'est une lecture dans laquelle je suis rentrée sans problème et avec plaisir : ce qui n'était pas gagné car je ne suis pas très branchée polar et enquête. Mais ici, on est dans du thriller psychologique, ce que j'affectionne déjà plus. Le thème traité est particulier : le sommeil et tous ses méandres qui nous poussent aux portes de la folie. J'ai beaucoup aimé.
Sur le plan de l'écriture, je m'attendais peut-être à quelque chose de plus recherché, mais cela ne m'a pas déçue : au contraire, l'écriture simple et le langage courant ont rendu le roman très accessible sans prise de tête, ont contribué à faire de ma lecture une lecture détente, ce que j’espérais. Et il y a tout de même un je-ne-sais-quoi qui nous donne envie de continuer pour savoir la suite. Ce n'est pas intenable, on peut s'arrêter en cours de lecture, mais quand-même, on est intrigués.
Comme bémol, on peut dire que certains éléments de l'intrigue était plus que transparents. Mais cela n'a pas vraiment nuit à mon plaisir de lecture, alors ce n'est pas bien grave. Mais ça peut en gêner certains.

En bref, un thriller très agréable à lire, un sujet original, une lecture plaisante et qui répond tout à fait à ce que l'on peut en attendre.

Ma note : 17/20

mardi 14 juin 2016

Madrigal & Ramadier - Berlin 2.0

Futuropolis - 18 € - 96 p. - Février 2016

Ma critique :
Margot, 23 ans, étudiante en philo part à Berlin dans l'espoir d'y trouver un emploi dans cette ville qui l'attire plus que Paris dont elle a semble-t-il fait le tour.
Si Berlin est fidèle à l'image qu'on a d'elle sur certains points, la mentalité des gens, les fêtes ambiance techno ou encore l'amour de la bière, on lui connait moins son côté précarité sur le plan du travail.
Cette BD, c'est ça : l'intégration de Margot à sa nouvelle vie et ses déconvenues face au monde du travail berlinois, où l'on lui demande de faire beaucoup d'heures avec des contrats douteux et de très faibles rémunérations.

J'ai aimé retrouvé dans ces planches et cette histoire une ambiance berlinoise particulière et très attirante. J'ai aussi apprécié découvrir ce côté que je ne connaissais pas sur le monde du travail.
En revanche, j'aurai aimé en découvrir plus : que la ville soit encore plus présente et savoir la suite de la vie de Margot. 
En fait, j'ai l'impression d'avoir eu affaire à une longue introduction, longue au nombre de pages, mais pas dans la narration qui demeure très fluide et sans temps-mort. C'est surtout qu'il y a des tonnes de choses à raconter sur cette ville et sur une expérience d'expatriation.

Je n'ai pas eu de coup de coeur particulier pour le dessin : le trait des personnages ne m'a pas plus emballée que ça, mais celui des bâtiments et les couleurs choisies m'ont paru fidèles à Berlin.

A lire si vous aimez Berlin ou si vous avez un attrait pour cette ville.

Ma note : 16/20

lundi 13 juin 2016

Jabbour DOUAIHY - Le quartier américain

Actes Sud - 19,80 € - 192 p. - Septembre 2015
Présentation de l'éditeur :
" Abdel-Karim est issu d’une famille de notables musulmans, les Azzâm, qui a longtemps dominé la vie politique à Tripoli. Après des études dans un lycée chrétien, il mène une vie de patachon. On le marie à une fille de nouveaux riches ; l’affaire se solde par un divorce. Puis la guerre le propulse à Paris, où il vit une brûlante histoire d’amour avec une ballerine serbe. La soudaine disparition de celle-ci le renvoie dans sa ville natale, en plein désarroi. Là, il retrouve Ismaïl, dont la mère travaille comme femme de ménage chez les Azzâm, et qui vit dans le “Quartier américain”, l’un des plus pauvres et délabrés de Tripoli. Après l’invasion américaine de l’Irak en 2003, des prédicateurs y recrutent des candidats au djihad, et Ismaïl est chargé de mener un attentat-suicide près de Bagdad…"

Ma critique :
"Le quartier américain", Tripoli, Liban, XXIème siècle.
C'est un roman que j'ai pris beaucoup de plaisir à lire après un grand passage à vide.
J'ai aimé découvrir ce pays, cette culture à travers ce quartier et la galerie de personnages qui lui est attachée. On découvre ici des portraits d'hommes et de femmes, de tous milieux, qui gravitent les uns autour des autres, leurs relations plus ou moins proches, leurs vies plus ou moins liées.
Chacun a une histoire qui lui est propre, aussi intéressante que celle de son voisin.
Alors n'hésitez pas à venir vous perdre au quartier américain aux côtés d'Intissar, de Bilal et tous les autres, malgré le contexte, le quartier est attachant, les personnages restent humains, avec leurs particularités, leurs parcours de vie, leurs forces et leurs faiblesses.

Ma note : 16/20

vendredi 27 mai 2016

Perle de librairie #12



Puisque ça fait longtemps que je ne vous ai pas donné des nouvelles du métier :D


Ce matin, au téléphone :
- Librairie ... bonjour
- Oui bonjour, est-ce que vous pourriez m'épeler le nom de l'auteur Van Cauwelaert.
- Oui, V A N espace C A U W E L A E R T
- Alors V A N tiret C A W E W
- Non, V A N espace C A U W E L A E R T
- Alors V A N espace C E L
- Non : [au très ralenti cette fois] V A N espace C A U W E L A E R T
[Blanc] 
- Mais vous cherchiez un livre précis ?
- Non, je cherche sur le site de la médiathèque pour savoir s'ils en ont, et s'ils en ont pas, je le commanderai dans une autre librairie. [blanc] Ou chez vous.
- [perplexe], euh, ben oui, chez nous ça serait sympa.
- Je regarde ça et je vais voir, merci au revoir.
- Au revoir [hallucinée]

samedi 21 mai 2016

Catherine POULAIN - Le grand marin

L'Olivier - 19 € - 372 p. - Février 2016

Ma critique : Le Grand Marin, c'est une surprise littéraire comme je les aime : un livre qui ne me correspond pas du tout, dont le thème ne m'attire pas vraiment, mais dont on me dit le plus grand bien. Mouais. 
Pour mon boulot, je vais tenter de le lire et me faire mon propre avis hein.

Et là, c'est une magnifique surprise !

Le monde de la pêche et des marins, ce n'est absolument pas mon univers. Et Pourtant Catherine Poulain, par le biais de Lili sa narratrice, nous embarque dans son aventure et l'on ne peut que suivre le flot du récit jusqu'à la fin.
La question est, pourquoi ? Parce que Lili est attachante, elle a la gnaque, elle en veut, et on veut qu'elle aille au bout de son choix de vie. Parce que les marins qu'elle côtoie, bien que rudes parfois, sont tout aussi attachants. On sent que ce sont de bons gars, passionnés, bosseurs.
Et il y a, pour lié tout ça, un je-ne-sais-quoi dans le style d'écriture qui nous intéresse, nous accroche à l'histoire, et fait de ce livre un page turner. On veut savoir la suite, ce qu'il va advenir de Lili dans cet univers froid, difficile, ce monde d'hommes majoritairement.

Et quand on rencontre l'auteur, on aime encore plus. Catherine Poulain est vraie. Elle parle comme elle écrit, elle nous embarque aussi.

Ma note : 17/20