lundi 13 novembre 2017

Anne-Laure BONDOUX - L'aube sera grandiose

Gallimard jeunesse - 14€90 - 304 p. - 21 septembre 2017
Ma critique : Un soir, Titania, la Fée du suspense emmène sa fille Nine, dans une cabane au bord d'un lac. c'est le soir de la fête du lycée, il n'y a pas de réseau. Nine le vit très mal. Mais Titania a une longue histoire à lui raconter avant l'aube.

Le thème est lancé : ce nouveau roman d'Anne-Laure BONDOUX abordera le thème des secrets de famille.
Comme Nine, le lecteur attend que Titania raconte son passé. Et c'est en alternant les chapitres que cette histoire nous est dévoilée. Un chapitre est au présent et nous écrit la soirée de Nine et Titania. Celui d'après nous plonge dans le passé pour nous narrer la jeunesse de Titania.
Ainsi, on fait la connaissance d'Octo et Orion ou encore de Rose-Aimé en même temps que Nine. Et comme elle on attend l'aube, où des personnages doivent arriver.

Beaucoup de suspense dans ce roman. On attend on attend. On prend plaisir à apprendre l'histoire de Titania, on se questionne, mais on attend : des réponses aux multiples questions qui surgissent au fur et à mesure de la narration, mais aussi les fameux personnages.

Et c'est là que le bât blesse : certaines de mes attentes n'ont pas été comblé. Un roman plaisant mais qui me laisse sur ma faim...
Citation : "Personne n'est jamais prêt, répète Titania, autant pour Nine que pour elle-même. Le moment arrive c'est tout."
Ma note : 13/20

dimanche 12 novembre 2017

Léonor DE RECONDO - Point cardinal

Sabine Wespieser - 20 € - 232 p. - Août 2017
Ma critique : Voici un livre que j'avais envie de lire, mais que je redoutais de lire en même temps : une auteur connue et aimée qui s'empare d'un sujet que je connais et qui m'importe. Quelques craintes.

Le sujet donc : Lauren a été assignée garçon à la naissance, elle a toujours été une femme, mais vit socialement en tant qu'homme. Elle a une femme, deux enfants, un travail. Comment laisser place à son vrai "moi" dans cette vie.

Ce livre a d'excellentes critiques, d'excellentes notes sur les blogs et autres réseaux sociaux littéraires.
Oui mais voilà. C'est un sujet que je connais de très près. Et en même temps, c'est un roman, et ça tombe bien, j'adore la littérature.
Partant de tout ça je pense pouvoir dire que je n'ai pas vraiment aimé ce livre. encore une fois, j'ai apprécié que ce sujet soit traité en littérature blanche, chez un éditeur "sérieux". Et en même temps, si ce sujet pouvait ne pas être qu'un "sujet" justement. S'il pouvait y avoir une histoire interessante comme ça a pu l'être pour "La face cachée de Luna" par exemple ou plus récemment juste la vie d'un personnage comme dans "Les buveurs de lumière"...

Alors qu'est-ce qui m'a gêné, qu'est-ce qui m'a déplu, me demanderez-vous ? L'ensemble : le style d'écriture, le personnage.
Ce roman ne m'a pas captivée. On lit parce qu'il est court, que les chapitres sont courts, c'est facile. Mais sinon, l'atmosphère est morne, la vie des personnages est plate. Tout est linéaire. Il n'y a pas un mot plus haut que l'autre. Je n'ai ressenti aucune émotion : ni crainte, ni compassion, ni espoir.

Pour ce qui est du personnage : j'ai aimé le changement de pronom progressif, je l'ai trouvé respectueux et juste, en adéquation avec le cheminement de pensée de Laurent/Lauren. Par contre, on parle beaucoup trop de Laurent justement. Lauren a peu de place. 
Si parler de ce thème est une bonne chose et est encore nécessaire, le faire avec respect, en montrant plus Lauren que Laurent serait plus respectueux. Pendant les deux tiers du roman, il n'est question que de Laurent. Et ce n'est pas normal. A la fin du roman, Lauren n'a toujours pas sa place entière. On a toujours le sentiment d'une personne trans, d'un sujet extraordinaire. On devrait juste voir une femme qui s'est construit avec plus de difficultés que d'autres..

Ce qui m'amène à penser, au vu de ce que je connais, que le thème et la transition de ce personnage ont été traité avec maladresse.

En bref, si le thème vous intéresse, je peux vous conseiller d'autres romans. Si la littérature vous intéresse, je peux aussi vous conseiller d'autres romans. Et heureusement, certains allient très bien les deux.


Mots clefs : Transidentité - Famille - Regard des autres

Extrait : "Combien de temps faut-il pour être soi-même ? Et je voudrais demander cela à tous ceux qui n'ont pas à changer de sexe. Combien d'années, de décennies, pour être en adéquation ? Adéquation de corps, adéquation de rêves, adéquation de pensées, avec ce que nous sommes profondément, cette matière brute dont il reste quelques traces avant qu'elle ne soit façonnée, lissée, rapiécée par la société, les autres et leurs regards, nos illusions, nos blessures."

Ma note : 10/20

mercredi 18 octobre 2017

Callan WINK - Courir au clair de lune avec un chien volé

Albin Michel - 22 € - 291 p. - 20 septembre 2017


Ma critique :
Courir au clair de lune avec un chien volé est le titre de la première nouvelle de ce recueil qui en comporte 9, chacune entre 20 et 60 pages.
Toutes ces nouvelles se passent au cœur de l'amérique, du côté des territoires indiens. On y côtoie divers personnages entiers, un peu cabossés par la vie, dans des contextes un peu rudes.
Les nouvelles sont à la fois toutes différentes, et à la fois on perçoit le fil ténu qui les relie. Des lieux proches, des ambiances similaires.

J'aurai clairement pu ne pas adhérer car ce n'est pas forcément mon type de lecture, l'amérique profonde, les indiens et autre. Et pourtant, l'écriture de Callan Wink a fait que j'ai accroché quasiment à chaque texte. Le premier est celui que j'ai le moins aimé, probablement le temps que je rentre dans l'ambiance, et probablement parce qu'il est assez étrange. 
Mais les autres, toute cette galerie de personnages, toutes ces vies que l'on croise, j'ai adoré les suivre.

Si vous avez des envies de textes courts, ou encore des envies d’Amérique, allez-y !

Le bonus qui n'enlève rien c'est que Callan Wink est tout à fait charmant et sympathique (et il adore mes mitaines :p)

Citation : "Toutes les choses de la vie, soit tu les enterres, soit c'est elles qui t'enterrent. Ca ne veut pas dire qu'on ne doit pas s'attacher"

Ma note : 17/20

dimanche 15 octobre 2017

Christophe HONORE - Ton père

Mercure de France - 17 € - 192 p. - 7 septembre 2017

Ma critique :
« Guerre et paix : contrepèterie douteuse ? »
C'est ce que trouve la fille du réalisateur Christophe Honoré sur leur porte d'entrée. Et ce n'est que le début.
Par ces mots, on signifie à ce père et à sa fille qu'ils ne devraient pas être. Pas en tant que personne, en tant que parent et enfant. Car on signifie à Christophe Honoré qu'il est gay et qu'on le sait. Et que quand on est gay, on ne doit pas avoir d'enfant. 
Pensée archaïque au possible, écho de certaines manifestations au moment de la loi sur la mariage pour tous. Echo donc d'une drôle de société qui n'évolue pas toujours avec son temps.
Ce mot n'est que le début. D'autres actes suivront. Ainsi, Christophe Honoré nous ouvre un pan de sa vie avec sa fille, un peu de son passé et un peu de ses réflexions sur lui-même dans cette auto-fiction. Une autobiographie qui n'est est pas une. Il parle de lui, de sa fille, de notre monde, mais sous couvert d'un roman.

J'ai beaucoup beaucoup aimé ce livre. A savoir que je l'attendais au tournant : Christophe Honoré est un réalisateur que j'adore, sinon mon réalisateur préféré. Et je ne l'avais encore jamais lu.
Le livre est assez différent de ses films, moins poétique, moins visuel. Mais on y retrouve son regard sur la vie quotidienne.
C'est un livre que je n'ai pas réussi à lâcher avant de le finir : l'histoire est intrigante, sa fille attachante, et le thème de société dont il est question est un thème qui m’intéresse personnellement.
Pour toutes ces raisons, j'aurai tendance à vous dire de vous laisser tenter par ce roman.


Mots Clefs : Paternité - Homosexualité - Société - Homoparentalité - Relation père/fille


Ma note : 17/20

lundi 25 septembre 2017

Jenni FAGAN - Les buveurs de lumière

Métailié - 20 € - 304 p. - 24 août 2017

Ma critique : Les Buveurs de lumière, c'est un roman lumineux, qui m'a fait beaucoup de bien malgré le contexte dramatique qu'il dépeint.

On suit la vie de deux personnages principaux dans un contexte de nouvelle ère glacière : il fait froid, il y a des icebergs, la circulation devient difficile. 
Dans tout ça Stella se construit : elle cherche sa place dans un monde qui ne la comprend pas, elle cherche à être elle-même malgré les regards des siens. 
Dylan, lui, vit un retour aux sources puisqu'il vient s'installer où vivaient sa mère et sa grand-mère. 
Et bien sûr ces deux personnages se rencontrent et s'apprivoisent par la proximité de leurs habitations. Leurs quotidiens se croisent et s’emmêlent car autour d'eux, il y a Constance, la mère de Stella. Constance qui fréquente toujours le père de Stella, marié, mais aussi, en même temps et depuis longtemps, un autre homme. Constance qui plait à Dylan. 

Ce petit monde vit et survit, nous sommes avec eux, au quotidien. Ils sont terriblement humains, terriblement vrais, terriblement justes et on aimerait vraiment les rencontrer.

Tout est beau dans ce roman, le paysage, les personnages, la plume de l'auteur. J'en redemande et vous recommande de tenter l'aventure, ou plutôt la rencontre de ces êtres cassés mais vivants.

Mots Clefs : Transidentité - Adolescence - Hiver - Famille

Extraits : "Quand les adultes entendent grincer une petite porte sombre dans leur coeur, ils montent le son de la télé. Ils s'enfilent un verre de vin.Ils disent au chat que c'était juste une porte qui grinçait. Le chat sait. Il saute du canapé et sort de la pièce. Quand cette petite porte sombre dans un cœur se met à faire clic-clac clic-clac clic-clac si fort et si violemment qu'on voit littéralement battre leur poitrine - eh bien là ils disent qu'ils ont du cholestérol et ils essaient d'arrêter le beurre, ils se mettent à aller marcher."
"Peut-être que certaines particules d'amour ne disparaissent jamais" 

Ma note : 19/20