mercredi 12 septembre 2018

Adeline Dieudonné - La vraie vie

L'Iconoclaste - 17 € - 265 p. - 29 août 2018

Critique : La Vraie Vie est l'un des premiers romans de cette rentrée littéraire qui fait le plus parler. Il m'intriguait et me tentait car on me l'avait décrit comme un texte fort.

C'est l'histoire d'une fille que l'on suit de ses 10 à ses 15 ans environ. Son père est chasseur. Sa mère est effacée. Elle et son frère vivottent dans ce climat familial déroutant. Jusqu'au jour où se passe sous leurs yeux un drame qui va casser quelque chose pour son petit frère. Elle n'aura de cesse d'essayer de lui rendre sa part d'enfance.

Ne nous méprenons pas, j'ai pris plaisir à lire cette histoire. Mais, quelques jours après avoir refermé le livre, je peux le dire, je suis déçue et m'attendais à quelque chose de beaucoup plus fort en terme d'écriture.
J'ai trouvé le texte décousu. L'histoire se déroule, et d'un coup, l'auteur introduit des éléments, sans fil conducteur, pour nous dire autre chose des personnages. Et cela nuit à la fluidité de l'histoire.
Pour ce qui est des émotions, il y a des moments d'une violence rare. Ils sont amenés de manière abrupte. Ce qui peut être un effet de style, pour secouer le lecteur. Et ça l'est en quelque sorte. Mais je trouve que l'écriture ne les porte pas assez. Elle est trop plate.
En fait, j'espérais un texte aussi fort que peuvent l'être ceux publiés par les éditions Gallmeister, et ce n'est pas l'effet que cela m'a fait.

J'ai quand-même aimé car c'est un texte déroutant, avec une narratrice très intelligente qui a du cran, et des personnages secondaires très intéressants et bien construits. 
Le père est juste quelqu'un qui s'épanouit dans la violence. La manière dont la mère est décrite, comme totalement passive et effacée, uniquement passionnée par ses chèvres, en fait un personnage fascinant. Et le petit frère donc on espère sincèrement qu'il va s'en sortir et dont on suit l'évolution dans ce climat malsain.

J'ai particulièrement adoré l'incipit, que l'on voit de partout mais à raison et que je vous retranscris dans les citations choisies.

Mots clefs : Famille - Violence - Fratrie

Citations : 
Incipit : "A la maison, il y avait quatre chambres. La mienne, celle de mon petit frère, Gilles, celle de mes parents et celle des cadavres."
"Avec le temps, j'ai compris que c’était une forme de timidité. Il était incompétent en rapports sociaux.Les relations humaine exigeaient une part d'irrationnel"

Ma note : 14/20

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 My absolute Darling


mercredi 5 septembre 2018

Elisa Shua Dusapin - Les Billes du Pachinko

Editions ZOE - 15€50 - 144 p. - 23 août 2018

Ma critique : La narratrice, Claire, qui va avoir 30 ans, passe des vacances au Japon, chez ses grands-parents. Elle veut les emmener en voyage en Corée du Sud d'où ils sont originaires. 
Parallèlement, elle passe du temps avec Mieko, une petite japonaise dont la mère est prof de français, pour lui enseigner la langue.

On suit les journées de la narratrice qui semble peiner à trouver sa place auprès de ses gens à la culture différente. Elle erre d'une famille à l'autre en essayant de trouver ses marques.

Comme Hiver à Sokcho, que j'avais adoré, il s'agit là d'un roman assez contemplatif, à ambiance, qui nous parle de la rencontre entre les cultures.
Il nous parle aussi de liens familiaux et de racines.

L'écriture d'Elisa Shua Dusapin m'a encore beaucoup plu, elle est comme apaisante.

J'ai passé un bon moment de lecture.


Mots Clefs : Japon - Corée du Sud - Culture - Famille - Racines

Ma note : 16/20

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 Hiver à Sokcho La marche de mina

jeudi 30 août 2018

Leni ZUMAS - Les heures rouges

Presses de la Cité - 21 € - 408 p. - 16/08/18

Ma critique : 
Demain. Dans un village près de Salem, dans l'Oregon. 
On suit le destin de quatre femmes, dont l'une nous conte le destin d'une cinquième.

Ro, la biographe, célibataire, souhaite avoir un enfant. Sauf qu'une loi est sur le point d'être mise en place afin que chaque enfant ait un papa et une maman.
Elle est celle qui nous conte le destin d'une cinquième femme, une exploratrice islandaise du XIXème siècle.
Mattie, la fille, est lycéenne. Élève de Ro. Elle souhaite étudier les mathématiques, mais une expérience la contraint à envisager d'autres plans.
Susan, l'épouse, a deux jeunes enfants. Si sa vie semble enviable, elle se sent enfermée.
Gin, la guérisseuse, vit à l'écart de la société et tente de venir en aide aux femmes qui le demandent.
Ces femmes aux vies différentes, sont liées.

Des destins féminins. Des réflexions sur la condition de la femme en arrière plan. Et surtout une ambiance particulière propre à chaque femme à chacun de leur passage narratif.
Je ne sais pas comment décrire ce roman, ni pourquoi il m'a plu, mais il m'a beaucoup beaucoup plu. J'ai aimé suivre chacune d'elles et suivre leur cheminement de vie et de pensée. Elles ont chacune quelque chose à nous apporter.

Une histoire de vies.

Mots clefs : Femmes - Destins - Dystopie - Maternité

Ma note : 17/20

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 La tresse 

jeudi 23 août 2018

Chinelo OKPARANTA - Sous les branches de l'udala

Belfond - 22 € - 384 p. - 23 Août 2018

Ma Critique :
Dans ce roman, on suit Ijeoma, de l'enfance à l'âge adulte, en s'attardant sur sa vie de jeune adulte.
Ijeoma passe une enfance compliquée au Nigeria, en temps de guerre civile, dans les années 70. Elle est contrainte de s'éloigner de chez elle et de passer du temps chez un couple d'amis de ses parents. Là-bas, par hasard, elle rencontre Amina. Et cette rencontre va changer sa vie. Car sa relation avec Amina sera d'ordre amoureux, et l'homosexualité n’était pas du tout acceptée dans ce pays à cette époque. Il semblerait qu'elle ne le soit d'ailleurs toujours pas de nos jours.

Ce roman est mon premier coup de coeur pour cette rentrée littéraire 2018.
Déjà, il m'a enrichie. Il se passe dans un pays et dans un contexte que je ne connaissais pas du tout, vers lesquels je n'étais jamais allée. C'est une autre société que j'ai entraperçue à travers le regard d'ijeoma.
Ensuite, j'ai aimé la narration. On suit Ijeoma, la progression de sa vie, de ses pensées, de son opinion envers elle-même. Il y a un espèce de détachement dans la narration. On n'est pas complètement dans l'intime. Mais on est tout de même pris dedans. L'écriture est simple et accrocheuse.
Et enfin la thématique m'a plu, c'est ce qui m'avait attirée vers ce roman. La découverte de soi par cette jeune fille d'une autre culture que celles que je connais, ses sentiments, ses questionnements.

C'est un beau roman initiatique sur une époque difficile qui traite d'un thème encore tabou dans ce pays.

Ma note : 17/20

Mots clefs : Nigéria - Années 70 - Guerre civile - Homosexualité - Roman initiatique 

mercredi 22 août 2018

Camille BORDAS - Isidore et les autres

Inculte - 19€90 - 414 p. - 22 août 2018

Ma critique :
Et un 2ème coup de coeur pour cette rentrée littéraire, un !

Je vous présente... Isidore. Et les autres.
Isidore, on le rencontre lorsqu'il a 11 ans. Il est le cadet d'une fratrie de 6. Les 4 aînés sont etudiants, thésards pour d'eux d'entre eux. La 5ème, Simone, a tout juste 1 an, 1an et demi de plus qu'Isidore. Elle est celle de qui il est le plus proche.
Isidore est le plus "normal" de cette fratrie de surdoué.
Il nous conte son quotidien à leur côté de son regard tant lucide que naïf. Il essaye de faire sa place alors qu'il n'est pas comme eux. Il essaye de se faire accepter, se faire appeler Izzy alors que tout le monde l'appelle Dory"

Si ses frères ne sont pas méchants, ils sont assez fermés et centrés sur leurs études, à l'écart d'un quotidien conventionnel. Isidore, lui, vit, observe et fugue. Pour se prouver quelque chose et découvrir le monde. Et c'est plutôt rigolo.

Autour d'eux, il y a les parents, la mère qui essaye de gérer tout ce monde comme elle peut, le père, distant et absent.
Au collège, Isidore a peu d'amis. Il rejoint à la récré Denise, ado dépressive.

Ce roman est un bijou. Isidore est hyper attachant et nous rend les autres personnages attachants.
C'est un roman qui se lit vite malgré ses 400 pages. L'écriture est légère et fluide malgré des sujets qui ne le sont pas toujours. Avec ce roman, on sourit beaucoup et on s'émeut parfois.
C'est l'histoire de la vie dans une famille peu conventionnelle.
J'ai adoré.


Mots Clefs : Famille - Fratrie - Collège - Surdouance

Citations : "- Et donc, parce qu'elle fait une faute de temps en temps, votre amitié est voué à l’échec ?

- Evidemment !"

"Parfois, j'ai l'impression d'avoir élevé une portée de petits misanthropes intolérants. Toujours dans vos bouquins. Vous n'en levez le nez que pour critique le reste de l'humanité. [...] Sauf toi Dory bien sûr"
Ma note : 18/20

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 Arsène