Ma critique : Il y a des livres, il y a même les livres, et il y a LE livre.
Celui que l'on emporterait sur une île déserte, celui qu'on conseille et qu'on offre, celui qu'on a envie que tout le monde lise, celui qu'on préfère à tous les autres.
Avant celui-là, il y en a eu un autre. Autre que j'ai relu. Et la magie ne prenait plus.
Cette année, j'ai relu celui-là. 10 ans après sa découverte. Et la magie était toujours là.
Quand je l'ai lu la première fois, il m'avait tellement bousculée, fascinée, éblouie, que je n'ai pas réussi à vous en parler.
Aujourd'hui, j'ai envie de rééssayer.
L'histoire en deux phrases, c'est une horde de 23 personnes qui ont entre 30 et 40 ans et ont été élevées ensemble pour remonter à pieds à l'origine du vent. Dans leur monde, il y a un vent à différentes formes, toutes très violentes, présent en permanence.
Ce qui m'a directement plu, c'est la forme du roman : les pages sont décomptées à l'envers, comme si nous aussi nous remontions avec eux à l'origine. De plus, c'est un roman choral, et chacun des 23 personnages a un logo qui lui est associé, logos que l'on retrouve sous forme de marque-pages et à chaque début de paragraphe où un nouveau personnage s'exprime. Logo que l'on retrouve aussi dans les schémas des formations qu'ils prennent pour contrer le vent.
Ce qui a fini de me convaincre, c'est le style d'écriture : chaque personnage a sa manière de penser, de s'exprimer, que ca soit très familier ou brutal, très érudit ou encore très simple.
On trouve aussi dans ce roman tout un langage fait de ponctuation qui sert à transcrire le vent.
Tout cela participe pour moi à l'immersion dans ce roman, il nous happe à même le texte.
Pour ce qui fait l'histoire, l'intrigue, il y a évidemment toute leur quête, leur voyage, leur périple, leur aventure. Avec ses différents obstacles. Mais il y a aussi leurs rares rencontres et surtout l'évolution de chacun au sein de cette horde, leurs relations, leurs manières de penser et vivre leur vie prédestinée et liée les uns aux autres.
C'est un livre qui me plait vraiment dans son ensemble : cette quête à cœur perdu où on se demande comment l'auteur peut tenir autant de page sur la recherche de l'origine du vent, son style d'écriture donc, son érudition, la psychologie des personnages et le fait qu'il soit à la croisée des genres littéraires, entre littératures de l'imaginaire et littérature blanche.
Pour moi c'est un OLNI, un livre vraiment original, qui a tout pour que je l'encense.
Si par hasard je ne vous ai pas convaincu, venez me voir, écrivez-moi, on en discute. Si par hasard vous ne l'avez pas aimé, on en discute aussi, l'échange de points de vue est toujours enrichissant.
Citations :
"La folie n'est plus folle, dès qu'elle est collective"
"La solitude n'existe pas. Nul n'a jamais été seul pour naître. La solitude est cette ombre que projette la fatigue du lien chez qui ne parvient plus à avancer peuplé de ceux qu'il a aimés, qu'importe ce qui lui a été rendu"
Mots clefs : Imaginaire - Quête initiatique - Vie en communauté - Relations humaines - Vent
Quelques adaptations :
- BD chez Delcourt
- Théâtre au off d'Avignon 2026
- La Fanfare du Contrevent (Bourgogne)
Ma note : 20/20