mercredi 23 juin 2021

Samantha SHANNON - Le Prieuré de l'Oranger

De Saxus - 24€90 - 1024 p. - Octobre 2019


Ma critique :
Le Prieuré de l'Oranger est un bien bien gros pavé. L'édition que j'ai a même été découpée en deux tomes.
Un pavé de fantasy donc. Dans un monde imaginaire. Avec un soupçon de magie. Quelques dragons. Une reine et deux héroïnes fortes. De bien bons ingrédients de base donc. Et un très chouette résultat final.

En deux mots :
EAD, à l'ouest, est, d'une certaine manière, infiltrée auprès de la reine Sabran, qu'elle protège en secret.
TANÉ, à l'est, s'entraine pour devenir dragonnière et chevaucher son propre dragon pour, si elle y parvint, lier avec lui un lien indéfectible.
Leur monde est régit par une peur, celle du retour du Sans-nom, un puissant et terrifiant dragon.
Voilà pour les grandes lignes.

Dans le détail, je n'y rentrerai pas, le roman est bien trop dense pour que je lui fasse honneur sans ne rien omettre ou sans ne trop en dire.
J'ajouterai juste qu'il se situe dans un univers mi-médiéval, mi-oriental en fonction d'où l'on se trouve. Que vous trouverez dans sa lecture des conflits et questionnements très actuels au sujet de la société ou de la religion. Que vous croiserez beaucoup de personnages LGBT, et que dans ce monde-ci, c'est plutôt normal, bien plus que dans le notre. Mais que vous côtoierez aussi des pirates. Et tout cela dans un ensemble qui se marie parfaitement.

Je pourrais même dire dans un ensemble très bien amené. Mais au regard de ma propre lecture, je ne suis pas sûre que ça soit le plus juste. Car pour moi ce n'est pas "amené" justement, c'est plutôt nous, lecteurs, qui sommes balancés dans le vif du sujet ! 
Si c'est déstabilisant au départ, cela n'empêche en rien d'apprécier la lecture. Entendez-moi bien : j'ai mis près de 150 pages à entrer dans ma lecture (sur 1024 rappelons-le). Et pourtant il n'a jamais été question de lâcher le roman. J'ai mis du temps à appréhender tout l'univers et ses lieux, tous les personnages et tous les enjeux. Mais j'étais déjà conquise par ce que j'apercevais de l'univers et par les personnages que je croisais. 
J'ai très vite eu un faible pour les deux héroïnes et pour la reine Sabran, bien que celle-ci puisse paraitre froide et antipathique au début.
Je ne vous ai pas encore parlé de Loth, ami d'Ead et de Sabran, mais il est un personnage que j'aime beaucoup aussi.
Je ne vous ai encore rien dit non plus sur Niclays Roos, qui m'est pas mal antipathique, mais qui a ses raisons de l'être.

Vous l'aurez compris, il y aurait beaucoup beaucoup à dire sur ce roman. Il y aurait possibilité de disserter et critiquer pendant des heures. Mais ce n'est pas mon but. Mon but est juste de vous dire que ce roman vaut le coup, qu'il est une véritable lecture détente et plaisir malgré sa densité.

Mots clefs : Fantasy - Femmes - Dragons - Pavé

Ma note : 17/20

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lundi 21 juin 2021

Sarah CLAIN - Origami Blues

Charleston - 18 € - 213 p. - 11 mai 2021


Ma critique : 
Un livre qui m'a de suite attirée par son titre et sa couverture. Bien que je ne le pratique pas, je trouve très joli et apaisant l'art de l'origami.
J'ai assez vite compris que ce livre allait être une lecture facile, et c'est exactement ce dont j'ai besoin ces temps-ci.

On y suit la vie de Florence, trentenaire célibataire, qui travaille dans la boutique d'origami qu'elle a monté : elle y propose des papiers et du matériel à la vente mais aussi des prestations de décoration pour des événements.
Autour d'elle gravitent son employée et amie, ainsi que sa mère, sa sœur et son neveu.
Plus le livre avance et plus on comprend que quelques secrets entourent la vie de Florence.

J'ai pris plaisir à lire cette histoire, légère dans sa globalité mais effleurant quelques sujets difficiles. On pourrait regretter que ces sujets ne soient qu'effleurés, moi cela a correspondu à mes attentes. Je ne voulais pas d'un roman grave ou dur.
Les moments où sont mentionnés les origamis sont dans mes préférés : cela me donne à moi aussi l'envie de pousser sa porte, d'acheter de jolis papiers et de m'y mettre. Cette boutique fait rêver.

En somme, un roman que j'ai apprécié pour ce qu'il était, une lecture détente :)

Mots clefs : Origami - Métier-passion - Famille - Secret 

Ma note : 16/20

mercredi 16 juin 2021

Louisa May ALCOTT - Les Quatre filles du Dr March

Gallmeister - 13 € - 636 p. - 1ère ed. 1868 

Ma critique :
C'est avec un peu (beaucoup) de retard que je viens vous parler de ce livre.
A savoir que je l'ai d'abord commencé il y a de longs mois, que je l'ai mis en pause, et que je l'ai repris lors de la lecture commune organisée par @mrsbookyarmond dans le cadre de L'empoche classique.

Au départ, si je l'ai mis en pause et gardé en lecture secondaire occasionnelle, c'est que j'ai trouvé le début un peu long : on suit la vie des filles à travers divers petits épisodes de leur quotidien, tout cela ponctué de bons sentiments et d'un côté moralisateur. Je n'arrivais pas à adhérer totalement.

Puis quand je l'ai repris, au bout de 200 pages quasi, je ne sais pas si j'étais mieux disposée ou en tous cas préparée, mais cela s'est beaucoup mieux passé ! J'ai pris beaucoup beaucoup de plaisir à voir les filles grandir et évoluer, changer, s'affirmer. Le ton du livre est resté le même, comme une sympathique balade aux côtés d'une famille pieuse, humaine et bien pensante, mais cela ne m'a plus pesé, je me suis attachée aux personnages.

Chacune des sœurs a d'ailleurs sa propre personnalité affirmée, ma préférence allant à l'indépendante et non-conventionnelle, Jo, ainsi qu'à la douce et émotive Beth. L'aînée, Meg, et la plus jeune Amy, se ressemblant plus et étant toutes deux assez loin de ce que j'aime, s'attardant sur l'apparence, l'argent ou l'art de plaire.
Il y a aussi Laurie, leur voisin, très présent dans l'histoire, que l'on voit, tout comme elles, évoluer. Un personnage que j'ai aussi beaucoup aimé.

Chacune a aussi son activité de prédilection : art, couture, écriture. Si les corvées et l'apprentissage des bonnes manières sont centraux dans le livre, les loisirs ont une grande grande place et l'on se divertie en suivant les passions et centres d'intérêt de chaque fille.

Une lecture très particulière dans le ton et l'ambiance, on retrouve bien l'époque dans laquelle l'histoire se déroule. Une lecture un peu comme un retour en enfance lorsqu'on a connu, comme moi, le dessin animé.

A savoir que le lendemain de la fin de ma lecture, j'ai regardé le dernier film sorti, celui avec Emma Watson, et contrairement à mes réticences, je l'ai trouvé très juste, à 2-3 détails près. J'ai vraiment retrouvé la même ambiance et les mêmes épisodes qui m'avaient fait sourire dans le livre, ce qui est plutôt rare lors des adaptations.

A lire donc, si vous aimez les classiques, si vous êtes nostalgiques, que vous aimez les histoires de famille et de fratrie et que les bons sentiments ne vous font pas peur :)

Mots clefs : Famille - Fratrie - XIXème siècle

Ma note : 15/20

jeudi 29 avril 2021

Julia THEVENOT - Lettre à toi qui m'aimes

Sarbacane - 12€50 - 120 p. - 7 avril 2021

Ma critique :
Lettre à toi qui m'aimes avait tout pour me plaire : une couverture très jolie, un résumé qui m'attirait et, parait-il, une écriture poétique.
Mais aussi des critiques élogieuses sur les réseaux sociaux, comme quoi, ça, il faut toujours s'en méfier.

C'est l'histoire d'Yliès (alias Roméo) qui aime Pénélope, qui ne l'aime pas. Mais racontez par le prisme de Pénélope. Ca annonçait un regard différent de celui que l'on voit habituellement, et cela me plaisait.

Oui, mais voilà, sur moi, ça n'a pas pris. Pourquoi ? car Pénélope est assez imbuvable et prétentieuse. Elle ne joue pas à proprement parler avec Yliès, puisqu'au début elle s'interroge elle-même sur ce garçon, mais quand elle comprend qu'elle ne partage pas ses sentiments, son attitude avec lui est tout simplement désagréable et hautaine. 
Elle souhaite rester son amie, ce que je comprends aisément, mais elle pourrait être plus compatissante et gentille face à la tristesse de son ami, justement. Et ce n'est pas le cas.
Qu'elle en ait marre, je comprendrais s'il était insistant. Mais non, elle en a juste marre de sa tristesse et que ça ait changé leur relation en gros. Alors que cette tristesse et ce flottement dans la relation, à ce stade de l'histoire, est tout à fait normal à mon sens, le temps que chacun reprenne ses marques différemment.

Pour ce qui est de l'écriture poétique, je ne l'ai pas vue. Enfin si, sur les toutes premières phrases, de jolies rimes internes, mais c'est tout. Pour le reste du texte, décaler les mots sur la page, ne fait pas de la poésie. Enfin peut-être faudrait-il là disserter sur ce qui fait ou non de la poésie, mais je ne prendrai pas cette peine.

Après, si je suis ici bien négative avec ce roman, je n'ai tout de même pas passé un moment si horrible. J'aime toujours autant les histoires de lycéens, j'ai aimé leur passion pour la musique et j'ai adoré les autres personnages, Yliès en premier, mais aussi Dudley et Jobs. 

De plus, c'est un roman qui se lit très très vite, en une heure c'est bouclé, alors pourquoi ne pas tenter et vous faire votre propre avis ?

Mots clefs : Amours à sens unique - Adolescence

Ma note : 12/20


mardi 27 avril 2021

Agathe SAINT-MAUR - De Sel et de fumée

Gallimard - 18€ - 240 p. - Janvier 2021

Ma critique :
Dès le titre, ce livre est un bijou.
En deux mots, on y suit la relation amoureuse entre Samuel, bobo gauchiste & caviar, et Lucas, gaucho-revendicateur & de toutes les manifs. Dès le début du roman (dès le résumé de l'éditeur même), la couleur est annoncée, Lucas meurt. Ne reste à Samuel que le vide, la tristesse et les souvenirs. Alors il nous raconte. Comment il vit la mort de celui qu'il aime. Comment ils se sont rencontrés puis aimés. Des aller-retours entre souvenirs et souffrances, passé et présent. Il nous fait vivre leur monde, il nous fait revivre Lucas.

Si je n'ai lu ce livre que maintenant alors qu'il est sorti en janvier, c'est que j'avais des réticences, que je sais maintenant infondées, sur le fait qu'il puisse être trop politisé. Un roman qui parle de politique et de manifestation, non merci, il y a les infos pour ça. 
Mais rien de tout ça dans ce roman. Enfin, il y a des allusions, évidemment, puisque c'est le contexte de l'histoire. Mais c'est tellement plus que ça. C'est une réelle belle histoire d'amour. La narration de la perte de l'amour, de la survie qu'elle engendre.
Je ne vous le cache pas, étant très émotive en ce moment (merci les hormones), certains passages du début m'ont fait mal. Je ne pouvais le lire qu'à tâtons, petit bout par petit bout, pour ne pas recevoir de plein fouet une vague de douleur.

Mais c'est avant tout, envers et contre toute attente des protagonistes eux-mêmes, une histoire d'amour. La découverte de l'autre. La découverte de sentiments qu'on ne pensait pas possibles, sentiments partagés qui plus est.
Et le tout servi dans une superbe langue. J'ai pris énormément de plaisir à lire les mots et tournures choisies par Agathe Saint-Maur. Poésie de prose.

Vous l'aurez compris, je ne suis pas sortie indemne de ce roman, j'en suis sortie touchée et émerveillée.

Mots clefs : Romance - Deuil - LGBT - Milieu social
Citation : "Les choses qui arrivent sont plus longtemps des souvenirs que des moments présents"

Ma note : 19/20