mardi 23 février 2021

Candice CARTY-WILLIAMS - Queenie

Calmann Lévy - 20€90 - 368 p. - 10 février 2021

Ma critique :
Queenie est une londonienne d'origine jamaïcaine de 25 ans. On la découvre à un tournant de sa vie, après que son copain ait mis leur relation en pause. On va ainsi faire connaissance avec ses amies et assister à sa recherche personnelle à travers ses relations aux hommes. On va la suivre en déroute vis à vis de son travail et par sa place dans sa famille. Et on va aussi voir le regard que les gens portent sur une jeune femme noire.

C'est une lecture qui m'a plu, qui se lit assez vite, qui a des airs de chick litt tout en abordant des sujets sérieux tels que le racisme ou la dépression. On prend plaisir à faire connaissance avec Queenie, on s'inquiète pour elle, on est parfois exaspéré par son entourage.

Par contre deux gros bémols. 
Le premier est que Queenie est un livre truffé de fautes ou coquilles. En 50 pages, j'en avais déjà repérées 5. Pour un livre publié et non une épreuve non corrigée, je trouve ça plus que limite de la part de l'éditeur.
Le second, pour moi, est la présence de scènes sexuelles très explicites. Je comprends qu'il faille les mentionner pour nous montrer ce que traverse Queenie, qu'il faille insister sur leur violence parfois. Mais certains détails n'apportent rien à l'histoire et m'ont plusieurs fois donné envie de reposer le livre. Heureusement, cela s'estompe à la moitié du livre environ.

En somme, une lecture légère en apparence mais abordant des sujets délicats, que je recommande tout de même à un public adulte ou, du moins, prévenu.

Mots clefs : Chick litt - Racisme - Rupture - Dépression - Sexualité

Ma note : 14/20

vendredi 5 février 2021

Sandrine BEAU - La Porte de la Salle de bain

Talents Hauts - 8 € - 96 p. - Octobre 2015


Ma critique : Le livre que je vous présente aujourd'hui, je l'ai découvert dans Quotidien, présenté par La Voix du livre et Le cahier de lecture de Nathan. La thématique des livres présentés était l'inceste.

Ce roman raconte l'histoire de Mia, dont le copain de la mère, Lloyd, entre dans la salle de bain lorsqu'elle prend sa douche. Là, c'est le début de l'enfer et des interrogations pour Mia. Comment doit-elle réagir ? Jusqu'où Lloyd, le gentil copain de sa mère, musicien,  peut-il aller ?

Vous l'aurez compris, le sujet n'est pas évident. Tant par sa thématique que par le traitement de celle-ci. Et bien le roman de Sandrine Beau a tout bon. Il relate, simplement, factuellement, la situation que vit Mia et ce que cela implique pour elle.
Il n'y a rien de sordide dans ce roman. Rien de "trop". Seulement de la justesse.

C'est un roman comme j'aurai aimé en lire plutôt et qu'il faut mettre entre les mains des ados. 
Un roman nécessaire.

Mots clefs : incestuel - adolescence - famille recomposée

Ma note : 18/20

mardi 2 février 2021

Kifaya BELKAALOUL - Débordements

Editions du Rhodon - 16 € - 163 p. - Décembre 2020


Ma critique : Cette fois, c'est d'une lecture atypique pour moi dont je vais vous parler. Atypique car il s'agit du premier roman d'une autrice et du premier roman publié par une toute nouvelle petite maison d'édition à compte d'éditeur. 
Or, à moins qu'il ne s'agisse de roman de quelqu'un de ma connaissance, habituellement, je ne lis jamais de livre de maison d'édition autodiffusée. Car il y en a beaucoup, beaucoup, beaucoup. Et que, hélas, la qualité n'est pas forcément au rendez-vous. Les livres ne sont souvent même pas corrigés. Mais bref passons !

Passons, car j'ai vraiment bien fait de jeter un œil à celui-ci, je l'ai adoré. Si j'ai choisi de faire une exception pour ce livre, déjà c'est car sa couverture était plutôt jolie (comme quoi, soignez vos couvertures^^) et ensuite, car la quatrième de couverture me parlait.

De quoi ça parle, donc, me demanderez-vous ? C'est une histoire d'amour impossible au temps de l'Algérie française.
Plus précisément, Zineb, maintenant âgée, nous raconte sa jeunesse. Elle était une jeune femme indépendante et donnait des coups de main dans un dispensaire et rêvait d'être institutrice. Au dispensaire, elle a fait la rencontre d'un français, différent, qui lui a très vite plu, Antonin. De cette histoire qu'elle nous conte, on aperçoit sa vie familiale, ses amis et les préoccupations de toute une époque.

Une histoire qui pourrait être classique à première vue. Mais le verbe de l'autrice par le biais de sa narratrice est vraiment prenant, vivant, passionnant.

Vous l'aurez peut-être compris, j'ai tout aimé de ce roman : Son lieu et son époque. Son héroïne forte, passionnée, faillible, tragique. Son style narratif.

Alors faites comme moi, laissez vous tenter par ce premier roman


Mots clefs : Algérie - Amour - Tragédie


Ma note : 18/20

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dimanche 31 janvier 2021

Hervé LE TELLIER - L'Anomalie

Gallimard - 20 € - 336 p. - Août 2020


Ma critique : Aujourd'hui, je vais vous parler d'un livre, qu'en ces temps, l'on ne présente plus. En effet, l'Anomalie a reçu fin novembre le prestigieux prix Goncourt 2020.
On ne va pas se mentir, habituellement, je ne lis jamais le prix Goncourt. Pas par principe, mais plutôt car la plupart du temps, il ne m'attire pas et n'a pas besoin de moi pour faire sa publicité ou pour être vendu. Pour être honnête, après rapide survol de la liste, j'en ai lu 3 : La vie devant soi, étudié en 5ème et que j'ai détesté. L'ordre du jour de Vuillard lu plus ou moins 2 ans après que le prix lui ait été décerné, sympathique mais sans plus. Et celui-ci, l'Anomalie, donc.
Alors pourquoi, cette année ai-je choisi de lire un Goncourt moins de 3 mois après sa récompense ? Tout simplement car il m'a intriguée. Un prix Goncourt pour un roman de SF. Un roman de SF publié dans la blanche de Gallimard. Bah ça suscite l'intérêt.

Pour ceux du fond qui suivent pas, de quoi parle ce roman ? En 2021, un futur plus que proche donc, un avion et ses passagers ont tout simplement été dupliqués durant une turbulence. Comment cela est arrivé et comment va réagir le monde ? C'est ce que l'on suit dans ce roman à travers divers personnages : scientifiques, avocate, pop star, enfant, écrivain, etc. etc.
En somme, un pitch simple mais intéressant et efficace.

Ce qui m'a plu dans ce roman, c'est de suivre différents personnages n'ayant rien à voir les uns avec les autres. Cela m'attire toujours dans les romans. J'ai aussi beaucoup apprécié la narration : elle est simple et nous accroche. Scientifique parfois pour tenter d'expliquer l'inexplicable, un petit peu, mais pas de quoi nous laisser sur le côté. On voit aussi des vies, des personnalités et des événements de vie très différents tout au long du roman. Un petit côté psychologique intéressant.

Les quelques bémols pour moi sont moindres : les premières pages. Des éléments que j'ai trouvés trop glauques pour ma sensibilité du moment. J'avais limite envie de reposer le livre. Mais je restais intriguée, et je savais que ces éléments n'étaient pas le cœur de l'histoire. J'ai encore aujourd'hui du mal à comprendre le pourquoi ce début, ces personnages, ces passages sombres. Mais heureusement ils s'estompent vite. 
Second bémol qui n'en est qu'à moitié un, l'écriture. Je l'ai dit, elle est simple et accrochante. Du coup j'en suis contente. Oui, mais en regard d'un auteur de l'OuLiPo et d'un prix Goncourt, je me serais attendue à plus original et plus littéraire.

En somme, un roman simple, distrayant que j'ai pris beaucoup de plaisir à lire et pour lequel je suis contente qu'il ait eu le Goncourt. Car le fait que le Goncourt s'ouvre à la SF, c'est un grand pas, et un beau pied-de-nez pour ceux qui voient cette dernière comme un sous-genre non littéraire.

Mots clefs : Science-Fiction - Anticipation - Avion - Tranche-de-vie - Roman choral
Citation : "Mais d'où sort cet avion ? soupire Silveria. Vous avez forcément une théorie, professeur Wang ? Un professeur sans théorie, c’est comme un chien sans puces." 

Ma note : 16/20


lundi 18 janvier 2021

Sigridur Hagalin Bjornsdottier - La lectrice disparue (trad. par Eric Boury)

Gaïa - 22€50 - 352 p. - Novembre 2020

Ma critique : J'aurai aimé commencer l'année en vous présentant un coup de cœur, ce n'est pas le cas. C'est un roman qui me laisse un fort sentiment mitigé.

Le départ est vraiment bien. On suit une famille atypique : deux mères, un même père, leurs deux enfants Edda et Einar. Il y a plusieurs temporalités narratives, le présent, l'enfance d'Edda et d'Einar et, au présent toujours, les pensées de la mère d'Einar.
Le point de départ est le suivant : Edda a disparu, il faut partir à sa recherche. Edda etait une petite fille qui ne vivait que pour la lecture. Enfermée dans ses livres, elle ne nouait pas de contact. Seul Einar entrait dans son monde. En grandissant, elle a changé, est devenue influenceuse sur les réseaux sociaux. Le jour et la nuit donc.
Toute cette narration m'a plu : leur enfance, la disparition, la quête menée par Einar pour la retrouver.

Cependant à un moment, ça a commencé à me déplaire. Je vais essayer de ne pas trop spoiler, mais en gros, on découvre une thèse qui expliquerait que la lecture serait mauvaise pour l'humanité et viendrait à disparaître. Et la manière dont sont amenées les choses dénature pas mal l'ambiance du roman et son postulat de départ, cet amour de la lecture qui m'a donné envie de le lire, justement.

Enfin, à la toute fin, nous est dévoilée une scène, qui apporte un éclaircissement à un passage, mais qui m'a tout bonnement traumatisée et n'était absolument pas nécessaire. Pour moi, cela a fini de casser tout ce que j'avais pu précédemment aimé dans ce roman.

Honnêtement, je vous suggérerai de vous faire votre propre avis. Je garde un bel attachement pour Einar, Edda et leurs mères. Mais le reste m'a profondément déçue.

Mots clefs : Famille - Lecture - Lien frère/soeur 

Ma note : 12/20
(Je laisse passer les jours, et je la modifierai peut-être...)