jeudi 7 mai 2020

Alain DAMASIO - Les Furtifs

 
La Volte - 25€ - 687 pages - 18 avril 2019

Digression : [Cela fait longtemps que je n'ai pas publié, très longtemps. Et déménageant, je ne suis pas sure de retrouver un rythme plus soutenu prochainement, mes excuses :-/
Quoiqu'il en soit, pendant le confinement, entre deux cartons, j'ai un peu lu, alors voici.

Les Furtifs, je l'ai commencé dès sa sortie, il y a 1 an maintenant. Mais pour raisons perso/pros, je l'ai mis en pause pendant des mois. C'est le confinement qui fait que je me suis sentie autorisée à le reprendre.]

Présentation de l'éditeur :
Ils sont là parmi nous, jamais où tu regardes, à circuler dans les angles morts de la vision humaine. On les appelle les furtifs. Des fantômes ? Plutôt l’exact inverse : des êtres de chair et de sons, à la vitalité hors norme, qui métabolisent dans leur trajet aussi bien pierre, déchet, animal ou plante pour alimenter leurs métamorphoses incessantes.
Lorca Varèse, sociologue pour communes autogérées, et sa femme Sahar, proferrante dans la rue pour les enfants que l’éducation nationale, en faillite, a abandonnés, ont vu leur couple brisé par la disparition de leur fille unique de quatre ans, Tishka – volatilisée un matin, inexplicablement. Sahar ne parvient pas à faire son deuil alors que Lorca, convaincu que sa fille est partie avec les furtifs, intègre une unité clandestine de l’armée chargée de chasser ces animaux extraordinaires. Là, il va découvrir que ceux-ci naissent d’une mélodie fondamentale, le frisson, et ne peuvent être vus sans être aussitôt pétrifiés. Peu à peu il apprendra à apprivoiser leur puissance de vie et, ainsi, à la faire sienne.

Ma critique : La Horde du contrevent étant mon roman préféré de tous les temps du monde au monde, comme beaucoup, j'attendais avec impatience le nouveau Damasio.
Même si j'ai beaucoup aimé ma lecture, ce n'est pas un coup de cœur. En quelques points, voici pourquoi.

Il y a deux points, et pas des moindres, qui m'ont gênée dès le départ : le monde futuriste dépeint, envahi, à suffoquer, de nouvelles technologies ; et le sujet, la disparition d'un enfant, qui est tout pour ses parents, et cela en fait trop pour le lecteur.

Par la suite, j'ai moins aimé le personnage de Sahar, qui est quand-même l'un des personnage principaux, un peu trop Miss Parfaite "oh la dame elle est belle et gentille keur keur love love". Et je n'ai pas non plus aimé la dernière partie de l'ouvrage qui est, selon moi, trop dans le too much, je vous laisse découvrir pourquoi par vous-même.

Passé cela, j'ai aimé tout le reste si je puis dire : l'univers richement construit, les personnages et leurs personnalités et encore et surtout, la langue utilisée.

Que l'on ne me dise plus jamais que la SF, ce n'est pas de la littérature. Car si ça ce n'est pas de la littérature, moi, je ne suis plus libraire. Comme dans la Horde, la langue est maniée à merveille, avec talent et richesse de style. Elle nous permet à la fois de distinguer les personnages, à la fois d'être en permanence dans un poème de presque 700 pages. Elle est riche de figures de style, maintes allitérations et assonances entre autres, de jeux de mots, de mots valises. 
Et rien que pour ça, ce roman est à lire.

De plus, ce que l'on peut aimer ou non, dans les Furtifs ce sont les réflexions politiques, éthiques, philosophiques que l'on trouve tout au long du livre. L'on se questionne sur des thèmes comme le vivant, la démocratie ou encore la solidarité.

Pour conclure, j'aurai deux choses à dire : si vous ne l'avez pas fait, lisez plutôt La Horde du Contrevent, et si c'est déjà fait, faites vous votre propre avis sur celui-ci :D

Mots clefs : SF - Futur - Philosophie - Parentalité - Vivant

La petite citation : "J'ai le coeur qui bat la chamade et la bouche qui mâche mes syllabes"
                        [Qu'on se le dise, tout le livre serait à citer tant la langue est riche et belle].

Ma note : 14/20

lundi 7 octobre 2019

Alexandra KOSZELYK - A crier dans les ruines

 
Aux forges de vulcain - 19 € - 254 p. - 23 août 2019

Ma critique : Léna et Ivan se rencontrent enfants. Leur histoire devient une évidence aux yeux de tous. Ils sont dans leur bulle, ils sont heureux, ils sont beaux. Pendant leur adolescence, le drame de Tchernobyl survint.
Lena part vivre en France. Elle reste sans nouvelle d'Ivan. Il reste sans nouvelle de Lena.

L'on va suivre dans ce roman leur enfance idyllique, puis la vie de Lena qui tente de se construire dans un pays qui n'est pas le sien, loin de celui qu'elle aime. On va suivre aussi un peu Ivan, qui l'attend.

C'est une histoire belle et universelle d'exil et d'amour. Une histoire d'espoir, d'attente, de construction de soi. Cette histoire m'a embarquée et touchée.

Mots clefs : Exil - Amour

Citation : "Lena aima ce pique-nique improvisé : il avait le goût de l'aventure. Elle avait l'inocence de ses treize ans. Quelques graines de joie saupoudrées sur l'inéluctable."

Ma note : 17/20

vendredi 4 octobre 2019

Amélie NOTHOMB - Soif


Albin Michel - 17€90 - 162 p. - 21 août 2019

Ma critique : Une fois de plus, une critique difficile à écrire pour moi, c'est pour cela qu'elle est si tardive. Car si la lecture de ce roman ne m'a pas dérangée ou parue désagréable, ce n'est pas une lecture que j'ai appréciée.
Cette année particulièrement, j'en attendais beaucoup. Car les premières critiques sont bonnes sinon dithyrambiques. Alors cette année plus que jamais, j'espérais retrouver la Nothomb que j'aime tant et que je cite comme mon auteure préférée.

Ce roman raconte simplement, à la première personne, les derniers jours de Jesus avant sa crucifixion. On y croise Marie et Marie-Madeleine et l'on suit les pensées caustiques et observatrices de Jesus, qui s'interroge sur ce qu'il aurait dû faire ou ce qu'il ne pouvait pas changer.

Peut-être que, ce qui m'a manqué pour appréhender ma lecture, c'est une culture religieuse. 
J’étais complètement à coté du sujet, car cet événement ne me parle absolument pas. Si je sais que Jesus a été crucifié, je ne sais ni pourquoi ni comment ni rien autour de ce sujet.

Alors ce que m'a apporté ce roman, c'est une curiosité à l'égard de ces événements religieux qui font partis de notre culture. Et ce que m'apporte toujours les romans d'Amélie Nothomb, ce sont des phrases pertinentes, justes et parfois surprenantes qui font écho en moi. Alors, toujours, merci Amélie :)

Citations : "C'est à cela que l'on sait si l'on est amoureux : à ce que l'on ne choisit pas. Les êtres qui ont un ego trop gros ne tombent pas amoureux parce qu'ils ne supportent pas de ne pas choisir. Ils s'éprennent d'une personne qu'ils ont sélectionnée : ce n'est pas de l'amour."

"Quand on cesse d'avoir faim, cela s'appelle satiété. Quand on cesse d'être fatigué, cela s'appelle repos. Quand on cesse de souffrir, cela s'appelle réconfort. Cesser d'avoir soif ne s'appelle pas."

"Comment s'étonner que la soif mène à l'amour ? Aimer, cela commence toujours par boire avec quelqu'un."

dimanche 29 septembre 2019

Sorj CHALANDON - Une joie féroce

 
Grasset - 20€90 - 320 p. - 14 août 2019

Ma critique : Une joie féroce nous conte l'histoire de Jeanne, et de ses trois compagnes de galère : Brigitte, Assia et la jeune Mélody. Ce qui a rapproché ces quatre femmes, c'est la maladie
Maladie qui a cueilli Jeanne, libraire, alors que son compagnon est peu présent. A l’hôpital, elle rencontre Brigitte, sa compagne Assia et Mélody.
Au fur et à mesure de leur amitié, elles se rendront compte que la maladie n'est pas leur seul point commun. Chacune porte un autre type de blessure qui la lie aux autres.

Une joie féroce, c'est une histoire de femmes, mais de femmes fortes, même avec leurs faiblesses. C'est une histoire de soutien, d'entraide. Mais c'est aussi une folle aventure amicale. Qu'est-ce que chacune est prête à faire pour aider l'une des leur ?

C'est un livre tant grave que léger. Grave par le sujet. Léger par le rythme, l'écriture et l'aventure que ces femmes préparent.

J'ai passé un très bon moment de lecture en compagnie de Jeanne et de ses amies, à suivre leur doute et leurs espoirs, à suivre l'évolution de leur relation et de leur personnalité.

Mots clefs : Maladie - Femme - Aventure


Citations : "La veille ils avaient fait l'amour. A l'aube, l'amour était défait"
Ma note : 16/20

Du même auteur :
 Le quatrième mur

  

mardi 3 septembre 2019

Albane LINYER - J'ai des idées pour détruire ton égo

 
Nil éditions - 324 p. - 19 € - 22 août 2019

Ma Critique : Ce roman m'a tout d'abord séduit par son titre. J'adore ce genre de phrases mi-aguicheuse, mi-provoc. Je les collectionnerai presque.
Ensuite, la couv' est aussi hyper attirante et pleine de pep's avec ses flammes rouges et violettes.
Et bien évidemment, l'histoire m'a intriguée aussi, sinon je ne l'aurai pas lu.

On suit Léonie, 27 ans, une fille un peu paumée, un peu désabusée, guidée par ses désirs. Pas forcément le genre de charisme qui m'attire. Autour de Léonie gravite Lore avec qui elle couche, sans sentiment. Mais c'est le spectre d'Angela, son ex, qui régit sa vie. Léonie est persuadée qu'elle doit retrouver son ex pour reprendre leur idylle. Et c'est avec Eulalie, une fillette de 7 ans, que Léonie va se retrouver en road trip à la recherche de la dite Angela.

J'ai passé un excellent moment de lecture avec ce roman. Je l'ai trouvé léger et divertissant tout en étant très bien amené et bien écrit dans son registre : écriture addictive, simple, proche du parlé, et très adaptée à l'histoire. L'écriture donne leur personnalité aux personnages.

Si à la mise en place de l'intrigue, je me suis dit "moui, c'est un peu gros" (le pourquoi du comment Léonie se retrouve avec Eulalie), je dirai qu'on s'en fout, au final.
Très vite j'ai été happée par les personnages et l'enchainement d'événements et de pensées autour de chacun. Car ce roman est un roman choral, on suit différents protagonistes d'un chapitre à l'autre, et c'est un genre que j'affectionne particulièrement

J'ai aussi beaucoup aimé que l'histoire soit racontée avec un compte à rebours : chaque chapitre commence comme suit : "Léonie - Lundi - 20h30, J-14" ça annonce la couleur et participe au rythme. Comme Léonie, on est dans l'attente.

Pour conclure, je dirai que ce roman est un espèce de road trip d'une fille paumée attachiante en compagnie d'une gamine et où l'on va croiser divers personnages souvent tout aussi paumés. Le rythme d'écriture rend le tout très divertissant et addictif.

Mots Clefs : Roman choral - Lesbianisme - Road trip - Amour - Désir

Citations :  "Léonie s'allume elle aussi une cigarette, pour avoir l'air plus mûre et plus sérieuse. Malheureusement, si la dose de goudron peut accélérer le vieillissement de sa peau, il n'en est pas autant de son cerveau."
"Angela se demande par quel alignement des astres sa copine a bien pu lui ramener une ex qu'elle avait eu tant de mal à  éloigner. A l'instar d'une bouteille en plastique, Léonie, jetée très loin, est revenue s'échouer sur elle. Soit, on devrait parvenir à la recycler."

Ma note : 17/20

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