lundi 6 juillet 2020

Andrew David MACDONALD - Je suis une viking - Trad. : Valentine Leÿs


NiL - 21€ - 448 p. - Mars 2020

Ma critique : Ayant été moins assidue à la lecture et à la rédaction d'articles, je me rends compte que je vous ai pas parlé de l'un de mes coups de cœur de cette année : Je suis une Viking.

Ce roman raconte l'histoire de Zelda, une jeune fille pas tout à fait comme les autres du au fait que sa mère était alcoolique lorsqu'elle était enceinte d'elle.

Zelda est une fille forte et courageuse, sans filtre, un peu en décalée avec les conventions sociales et les événements qui traversent sa vie et celle de son frère Gert. Elle est aussi et surtout, passionnée par les Vikings et rêve, comme eux, d'écrire sa propre légende.

Son frère, Gert, quant à lui, se démène comme il peut pour rendre le quotidien de Zelda correct. Ils ne vivent plus que tous les deux. Pour ça, il se met parfois dans des situations délicates et dangereuses.

Autour d'eux gravitent Kalash, l'ex de Gert et Marty, le copain de Zelda.

Leur histoire nous est racontée par le regard de Zelda, qui, contre les attentes de Gert, va chercher à s'émanciper et à le sortir des problèmes dans lequel il est. Son regard à la fois tendre et naïf tout en étant juste et plus clairvoyant que ce que l'on pourrait penser au premier abord donne une fraicheur à son récit. On s'attache à elle, on croit en elle, et on suit avec plaisir et espoir son histoire.

C'est un roman léger dans l’écriture et pourtant profond, sur la différence, le courage d'être soi et l'acceptation. J'ai adoré ma lecture.

Mots clef : Différence - Acceptation - Fratrie

Ma note : 17/20

lundi 15 juin 2020

Olivia RUIZ - La commode aux tiroirs de couleurs

 
JC Lattès - 19€90 - 208 p. - 3 juin 2020

Ma critique : Aujourd'hui je viens vous parler d'un livre que j'attendais avec impatience et qui ne m'a pas déçu, le premier roman d'Olivia Ruiz, que je suivais déjà en tant que chanteuse :)

Dans ce roman, la narratrice nous parle d'une commode qu'elle a hérité de sa grand-mère. Ce n'est pas n'importe quelle commode, c'est une commode aux tiroirs colorés dont chacun renferme un souvenir.

Chaque chapitre du livre raconte l'histoire de cette grand-mère en partant d'un souvenir qu'elle renferme. Ainsi, c'est la grand-mère qui prend la parole et nous raconte son histoire en parlant à sa petite-fille.
On apprend comment la famille a dû fuir la guerre civile d'Espagne et comment la narratrice et ses sœurs ont dû se construire en tant qu'émigrée en France.

Je craignais que le thème de la guerre d'Espagne soit trop présent pour me parler, me captiver. Mais ce qui nous est surtout narré, c'est cette émigration, ses conséquences, et la vie d'une femme.

L'écriture est fluide, simple sans être simpliste, et plutôt jolie. J'ai passé un excellent moment de lecture et je n'ai pas mis bien longtemps à le finir.

Si vous aimez les histoires familiales ou si vous êtes touchés par les histoires d'émigration, n'hésitez plus.

De plus, on comprend assez facilement que ce roman est assez autobiographique.

Mots Clefs : Emigration - Famille - Femme - Transmission

Ma note : 17/20

jeudi 7 mai 2020

Alain DAMASIO - Les Furtifs

 
La Volte - 25€ - 687 pages - 18 avril 2019

Digression : [Cela fait longtemps que je n'ai pas publié, très longtemps. Et déménageant, je ne suis pas sure de retrouver un rythme plus soutenu prochainement, mes excuses :-/
Quoiqu'il en soit, pendant le confinement, entre deux cartons, j'ai un peu lu, alors voici.

Les Furtifs, je l'ai commencé dès sa sortie, il y a 1 an maintenant. Mais pour raisons perso/pros, je l'ai mis en pause pendant des mois. C'est le confinement qui fait que je me suis sentie autorisée à le reprendre.]

Présentation de l'éditeur :
Ils sont là parmi nous, jamais où tu regardes, à circuler dans les angles morts de la vision humaine. On les appelle les furtifs. Des fantômes ? Plutôt l’exact inverse : des êtres de chair et de sons, à la vitalité hors norme, qui métabolisent dans leur trajet aussi bien pierre, déchet, animal ou plante pour alimenter leurs métamorphoses incessantes.
Lorca Varèse, sociologue pour communes autogérées, et sa femme Sahar, proferrante dans la rue pour les enfants que l’éducation nationale, en faillite, a abandonnés, ont vu leur couple brisé par la disparition de leur fille unique de quatre ans, Tishka – volatilisée un matin, inexplicablement. Sahar ne parvient pas à faire son deuil alors que Lorca, convaincu que sa fille est partie avec les furtifs, intègre une unité clandestine de l’armée chargée de chasser ces animaux extraordinaires. Là, il va découvrir que ceux-ci naissent d’une mélodie fondamentale, le frisson, et ne peuvent être vus sans être aussitôt pétrifiés. Peu à peu il apprendra à apprivoiser leur puissance de vie et, ainsi, à la faire sienne.

Ma critique : La Horde du contrevent étant mon roman préféré de tous les temps du monde au monde, comme beaucoup, j'attendais avec impatience le nouveau Damasio.
Même si j'ai beaucoup aimé ma lecture, ce n'est pas un coup de cœur. En quelques points, voici pourquoi.

Il y a deux points, et pas des moindres, qui m'ont gênée dès le départ : le monde futuriste dépeint, envahi, à suffoquer, de nouvelles technologies ; et le sujet, la disparition d'un enfant, qui est tout pour ses parents, et cela en fait trop pour le lecteur.

Par la suite, j'ai moins aimé le personnage de Sahar, qui est quand-même l'un des personnage principaux, un peu trop Miss Parfaite "oh la dame elle est belle et gentille keur keur love love". Et je n'ai pas non plus aimé la dernière partie de l'ouvrage qui est, selon moi, trop dans le too much, je vous laisse découvrir pourquoi par vous-même.

Passé cela, j'ai aimé tout le reste si je puis dire : l'univers richement construit, les personnages et leurs personnalités et encore et surtout, la langue utilisée.

Que l'on ne me dise plus jamais que la SF, ce n'est pas de la littérature. Car si ça ce n'est pas de la littérature, moi, je ne suis plus libraire. Comme dans la Horde, la langue est maniée à merveille, avec talent et richesse de style. Elle nous permet à la fois de distinguer les personnages, à la fois d'être en permanence dans un poème de presque 700 pages. Elle est riche de figures de style, maintes allitérations et assonances entre autres, de jeux de mots, de mots valises. 
Et rien que pour ça, ce roman est à lire.

De plus, ce que l'on peut aimer ou non, dans les Furtifs ce sont les réflexions politiques, éthiques, philosophiques que l'on trouve tout au long du livre. L'on se questionne sur des thèmes comme le vivant, la démocratie ou encore la solidarité.

Pour conclure, j'aurai deux choses à dire : si vous ne l'avez pas fait, lisez plutôt La Horde du Contrevent, et si c'est déjà fait, faites vous votre propre avis sur celui-ci :D

Mots clefs : SF - Futur - Philosophie - Parentalité - Vivant

La petite citation : "J'ai le coeur qui bat la chamade et la bouche qui mâche mes syllabes"
                        [Qu'on se le dise, tout le livre serait à citer tant la langue est riche et belle].

Ma note : 14/20

lundi 7 octobre 2019

Alexandra KOSZELYK - A crier dans les ruines

 
Aux forges de vulcain - 19 € - 254 p. - 23 août 2019

Ma critique : Léna et Ivan se rencontrent enfants. Leur histoire devient une évidence aux yeux de tous. Ils sont dans leur bulle, ils sont heureux, ils sont beaux. Pendant leur adolescence, le drame de Tchernobyl survint.
Lena part vivre en France. Elle reste sans nouvelle d'Ivan. Il reste sans nouvelle de Lena.

L'on va suivre dans ce roman leur enfance idyllique, puis la vie de Lena qui tente de se construire dans un pays qui n'est pas le sien, loin de celui qu'elle aime. On va suivre aussi un peu Ivan, qui l'attend.

C'est une histoire belle et universelle d'exil et d'amour. Une histoire d'espoir, d'attente, de construction de soi. Cette histoire m'a embarquée et touchée.

Mots clefs : Exil - Amour

Citation : "Lena aima ce pique-nique improvisé : il avait le goût de l'aventure. Elle avait l'inocence de ses treize ans. Quelques graines de joie saupoudrées sur l'inéluctable."

Ma note : 17/20

vendredi 4 octobre 2019

Amélie NOTHOMB - Soif


Albin Michel - 17€90 - 162 p. - 21 août 2019

Ma critique : Une fois de plus, une critique difficile à écrire pour moi, c'est pour cela qu'elle est si tardive. Car si la lecture de ce roman ne m'a pas dérangée ou parue désagréable, ce n'est pas une lecture que j'ai appréciée.
Cette année particulièrement, j'en attendais beaucoup. Car les premières critiques sont bonnes sinon dithyrambiques. Alors cette année plus que jamais, j'espérais retrouver la Nothomb que j'aime tant et que je cite comme mon auteure préférée.

Ce roman raconte simplement, à la première personne, les derniers jours de Jesus avant sa crucifixion. On y croise Marie et Marie-Madeleine et l'on suit les pensées caustiques et observatrices de Jesus, qui s'interroge sur ce qu'il aurait dû faire ou ce qu'il ne pouvait pas changer.

Peut-être que, ce qui m'a manqué pour appréhender ma lecture, c'est une culture religieuse. 
J’étais complètement à coté du sujet, car cet événement ne me parle absolument pas. Si je sais que Jesus a été crucifié, je ne sais ni pourquoi ni comment ni rien autour de ce sujet.

Alors ce que m'a apporté ce roman, c'est une curiosité à l'égard de ces événements religieux qui font partis de notre culture. Et ce que m'apporte toujours les romans d'Amélie Nothomb, ce sont des phrases pertinentes, justes et parfois surprenantes qui font écho en moi. Alors, toujours, merci Amélie :)

Citations : "C'est à cela que l'on sait si l'on est amoureux : à ce que l'on ne choisit pas. Les êtres qui ont un ego trop gros ne tombent pas amoureux parce qu'ils ne supportent pas de ne pas choisir. Ils s'éprennent d'une personne qu'ils ont sélectionnée : ce n'est pas de l'amour."

"Quand on cesse d'avoir faim, cela s'appelle satiété. Quand on cesse d'être fatigué, cela s'appelle repos. Quand on cesse de souffrir, cela s'appelle réconfort. Cesser d'avoir soif ne s'appelle pas."

"Comment s'étonner que la soif mène à l'amour ? Aimer, cela commence toujours par boire avec quelqu'un."