lundi 21 août 2023

Glendy VANDERAH (trad. par Laura Bourgeois) - Dans la forêt des larmes

Après une courte absence (c'est faux) bloguesque et bookstagrammesque, je me dis que la rentrée littéraire est le moment propice pour penser à moi et me réapproprier ma passion.
J'ai une bonne quinzaine de chroniques de retard, je ne sais pas encore exactement comment je vais me sortir de ça, mais je vous reviens non pas avec ma première lecture de la rentrée, mais en douceur avec mon premier coup de cœur :)

Charleston - 22€90 - 592 p. - 29 août 2023 


Ma critique : 
Le pitch de base est assez simple : en découvrant l'infidélité de son mari, Ellis se réfugie dans la nature qu'elle aime tant avec ses enfants, mais heurtée par ce qu'elle vient de découvrir, préoccupée par l'agitation de ses jumeaux, elle oublie son bébé Viola. Les quelques minutes qu'il lui faut pour s'en rendre compte suffisent à ce que son bébé disparaisse. 

Déjà, nous n'allons pas suivre l'enquête autour de la disparition du bébé, car nous ne sommes pas dans un roman policier.
On va suivre la détresse du femme qui va se réfugier vers la nature, son alliée depuis toujours, pour tâcher de survivre tant bien que mal à son traumatisme.

Parallèlement, en alternance de chapitres, comme je l'adore, nous allons suivre d'autres personnages, d'autres vies, différentes, mais toujours dans un fond de nature.
Ce qui rend ce roman très Nature Writing, et n'ayons pas peur de le dire, très Gallmeisterien comme je les aime.

Tant la nature, que l'intrigue ou encore les personnages principaux ET secondaires font de ce roman un bijou. Une réflexion sur nos manières de vivre, sur les chocs psychologiques, sur les croyances de chacun.

Je l'ai lu en lecture commune avec Priscilla (@force.verte.lit sur insta) et grâce aux éditions Charleston dont j'ai pu visiter les locaux au début de l'été, un grand merci à eux.

Je pense que c'est l'un des romans qui marquera cette rentrée littéraire, avec sa couverture magnifique, ses thématiques variées et son écriture très prenante et accessible. Un véritable plaisir de lecture.
Citation : "Les gens qui s'aiment n'ont pas besoin d'être au même endroit pour rester ensemble. Ils sont réunis dans leur cœur.

Mots clefs : Nature writing - détresse psychologique - croyances

Ma note : 18/20

vendredi 9 juin 2023

Adeline DIEUDONNE - Reste

L'Iconoclaste - 20 € - 350 p. - Avril 2023


Ma critique : 
Ce roman est, pour moi, une excellente surprise. Je n'avais pas réellement accroché à ma lecture du premier roman de l'autrice, je trouvais qu'elle en faisait trop, que ce n'était pas crédible, je comparais à un autre roman, etc, etc

Et bien ici, que nenni !

Reste est un roman à la thématique plutôt originale, carrément morbide, mais très plaisant à lire, et que j'ai trouvé très juste.
On parle ici de deuil, de mort donc, mais surtout de cadavre. Mais aussi beaucoup d'amour.

La narratrice est la maîtresse de celui qui meurt, depuis de longues années. Ils sont seuls quand elle le trouve sans vie. Elle décide de prendre soin de lui, du cadavre donc, et de ne pas le ramener ni à sa femme ni à la morgue. Cela serait trop douloureux pour elle, elle a encore besoin de sa "présence".
C'est sa manière à elle de faire son deuil. S'occuper de lui, l'habiller, faire comme si tout allait bien. Tout en ayant conscience qu'il n'est plus lui, tout en voyant la décrépitude faire son œuvre.

Si l'idée est vraiment étrange et parait morbide, le roman, moi, en cette période de deuil personnelle, m'a fait du bien. Ce roman montre la difficulté pour ceux qui restent d'accepter la mort. Il nous révèle les failles que celle-ci peut engendrer chez les proches des défunts.

Le titre est extrêmement bien trouvé, entre injonction au mort "reste", ne me laisse pas, et réalité crue "reste", ce qu'il reste de la personne quand elle est morte.

J'ajouterai juste ce ci : merci Adeline Dieudonné pour ce roman.

Citations : "Les années qu'il me reste à marcher sur cette planète seront fades, trouées, peuplées de son absence"
"Non, je n'ai pas eu envie de mourir. C'est sans doute pour ça que c'était si douloureux. La vie me brûlait les veines."
"J'ai l'impression que c'est facile pour elle. Aimer les gars tout en les tenant à distance. Ne jamais se perdre, tout en s'abandonnant. Je ne sais pas comment elle fait"
"Le présent ne me va pas, je retourne à mes souvenirs"
"Ce n'est jamais quelconque, l'envol amoureux, éblouissant, qu'on fracasse"

Mots clefs : Deuil - Adultère - Cadavre - Survie - Traumatisme

Ma note : 18/20

Son premier roman...





jeudi 4 mai 2023

Christelle DABOS - ICI et seulement ICI

Gallimard Jeunesse - 15€50 - 256 p. - 13 avril 2023

J'ai environ 1 million de chroniques en retard (nan pardon, c'est les années dans le sud, en vrai j'en ai 5 si on ne compte pas celle-là), mais je ne vais pas réinventer la roue et vais vous donner mon avis sur ce livre qui vient de sortir et qui était très attendu.

Ma critique : Si vous avez aperçu le livre, son résumé, ou quelques chroniques ici et là, vous saurez qu'il est souvent, et, à juste titre, qualifié d'OLNI.
Si vous êtes fan de la saga La passe-miroir de la même autrice et que vous en attendiez quelque chose de similaire, ou au moins approchant quant à l'univers, vous allez être déçu.
Alors que moi, dès qu'il s'agit d'OLNI, j'accours. Et, de plus, moi, le tome 1 de La passe-miroir, je n'ai pas vraiment accroché.
Disons-le franchement, même si en refermant ce livre-ci je reste perplexe et dubitative, je l'ai préféré à ses prédécesseurs.

Mais pourquoi, me demanderez vous ? dubitative pourquoi ? préféré pourquoi ?
Dubitative, car c'est un roman polyphonique, qui nous embarque dans un collège en huis-clos, dans lequel on va suivre plusieurs personnages, notamment des élèves. Les élèves dans ce collège sont apairés : il y a les hauts et les bas. Les hauts récoltent tout, les bas sont moins que rien. Si vous n'êtes pas apairés, vous êtes le pouilleux. Et dans ce collège aux règles très strictes, quelque chose se prépare, toujours au même moment.

Cette vision du collège est une vision exagérée des clans, clichés et défiances que l'on peut retrouver entre collégiens. Mais une part de moi n'y a pas cru. Si le roman se veut peut-être intemporel, il y a des allusions claires et précises à notre époque, tout cela ajouté à un langage, lui, d'une autre époque. L'autrice semble avoir tenté de reproduire le phrasé des collégiens actuels, et me parait, par ces anachronismes, un peu à côté de la plaque à ce niveau là.

Alors pourquoi l'ai-je préféré à l'autre saga de l'autrice ? Probablement à cause de tous ces mystères qui en découlent, à certains personnages attachants malgré tout, et surtout grâce au rythme. J'adore les romans polyphoniques. Et dans celui-ci tout s'enchaine. Et on veut savoir, on veut comprendre où on est embarqué, alors on se laisse facilement porté par les personnages.

Ce n'est pas un coup de cœur, ça ne peut pas l'être au vu de ce que je vous ai précédemment cité mais c'est une lecture qui nous fait tout de même passer un bon moment.

Si vous êtes curieux, que vous ne vous attendez à rien de particulier : laissez-vous tenter.
Ah, et bien qu'il évoque le collège, je le conseillerais plutôt à partir de la seconde par certaines thématiques et violences abordées.

Mots clefs : Collège - Huis clos - Mystère - Racket - Classe sociale - OLNI

Ma note :  14/20

De la même autrice...



dimanche 23 avril 2023

Janice GALLOWAY - Penser à respirer (trad. par Elisabeth Luc)

Cambourakis - 22 € - 288 p. - Janvier 2016

Ma critique :
Ce livre m'a été conseillé pour répondre à ma demande, à un besoin. Je cherchais un roman sur un deuil.
Il s'agit donc du journal d'un deuil. Et de la dépression qui suit.
Quand on ne sait plus quoi faire de soi. Que dire aux autres. Qu'on a mal mais qu'on ne se sent pas entièrement légitime de porter cette douleur. Qu'il faut avancer mais qu'on n'y arrive pas.
Une construction erratique, des interruptions en pleine phrase, qui retranscrit bien le bordel que ça peut être dans notre tête quand plus rien n'a de sens. 
Des rapports de dialogues avec le corps médical aussi, vains. Des cartes postales d'amis. Des écarts qu'on fait parce qu'on est perdus.
Ce livre est juste et bien.

Citations : "On ne peut s'extirper de l'intérieur de sa tête"
"J'avais oublié que j'en attendais toujours trop. 
J'avais oublié que je faisais toujours ce qu'il ne fallait pas"
"Comme tout le monde, je voulais être aimée"
"Avoir besoin de quelqu'un tout en ayant peur des gens, ça me crève"
"Je veux défaire des morceaux de ma tête et ne pas me sentir comme ça. On ne peut se détacher de 'l'intérieur de sa tête"
"Il est normal d'avoir des jours sans.
On ne peut obliger les autres à vous aimer pour vous faire exister.
Tout ce qui vaut la peine est difficile à obtenir"

Mots clefs : Deuil - Dépression

Ma note : 16/20

jeudi 6 avril 2023

Catriona WARD - La dernière maison avant les bois (trad. par Pierre Szczeciner)

Sonatine - 23 € - 416 p. - Février 2023


Ma critique :
Dans ce roman, nous suivons Ted, qui vit isolé et reclus dans une maison juste avant la forêt. Il vit avec sa chatte Olivia, et parfois sa fille Lauren.
Parallèlement, nous suivons Dee dont la petite sœur a disparu il y a plusieurs années.

C'est un thriller psychologique que j'ai adoré, comme souvent chez Sonatine, moi qui ne suis pourtant pas très thriller.
Au départ, on ne comprend pas bien où on nous emmène, mais on se laisse porter par l'alternance de chapitres qui est aussi l'alternance des voix des personnages. J'ai particulièrement aimé les chapitres où Olivia, le chat, nous raconte ses journées, sa vision des choses et sa vie de chat. C'est surprenant au départ mais très plaisant.
Tous les personnages sont très bien construits.
Même si certains éléments semblent s'emboiter au fur et à mesure de l'avancée de notre lecture, les mystères dont le livre recèle ne sont révélés qu'à la fin, je n'ai pas du tout vu venir les choses.

Je ne peux pas vraiment vous en dire plus sans vous divulgâcher ce roman génial, alors je vous laisserais tenter par vous-même :)

Citations : "Peu importe, depuis le temps, j'ai compris que dans la vie, si on a un problème, le plus simple est de dormir jusqu'à ce qu'il disparaisse"
"Elle a la tête qui tourne, les mains moites - c'est fou comme le corps réagit de la même manière lorsqu'on a peur ou qu'on est amoureux"
"Et elle attend surtout parce que l'espoir, c'est ce qui meurt en dernier"

Mots clefs : Thriller psychologique - Disparition - Chat - Roman choral - Huis clos

Ma note : 19/20