jeudi 25 mars 2021

David VANN - Komodo (trad. par Laura Derajinski)

Gallmeister - 22€80 - 304 p. - 4 mars 2021
Ma critique :
Dans ce nouveau roman, que j'hésitais à lire car j'avais peur d'être trop malmenée, mais que j'ai lu avec plaisir et sans regret, David Vann nous plonge au cœur de Komodo, dans la tourmente d'une femme.

Après plusieurs années sans l'avoir vu, Tracy et sa mère partent faire un stage de plongée sur l'île de Komodo avec Roy, le frère et fils.
Ce stage va être l'occasion pour nos personnages de renouer et pour Tracy de souffler de son quotidien. Mais l'on comprendra très vite que Tracy a de la rancœur envers son frère, rancœur qu'il soit toujours chouchouté et pardonné par leur mère, rancœur qu'il ait divorcé d'un mariage idyllique, là où elle-même peine à sortir la tête de l'eau de son quotidien auprès de jumeaux en bas âge difficilement supportables et auprès d'un mari absent.

C'est une fois de plus dans une tragédie psychologique que semble nous mener David Vann. L'on sent dès le départ que Tracy est à fleur de peau, au bord de la rupture.
Le contexte de l'océan, si vaste, nous enferme pourtant dans ce qui ressemble à un huis-clos. Loin de tout et sous l'eau, point d'échappatoire.
Sous le décor magnifique des poissons et des coraux, comme Tracy, nous sommes au bord de la suffocation. On s'y croirait, l'on voit les paysages sous nos yeux. Mais aussi enchanteurs soient-ils, ils n'empêchent pas l'étouffement, la montée du ressentiment.

David Vann nous mène ainsi jusqu'au deux tiers du roman. Puis laisse la place à la vie de Tracy. Où là aussi, comme sous l'océan, elle étouffe et est enfermée. On a ici une vision de la maternité loin d'être idyllique, mais qui existe et à laquelle il est important de donner corps et vie.

Si j'ai adoré cette lecture en apnée, le dénouement m'a quant à lui laissée sur ma faim. Il manque un quelque chose, un je-ne-sais-quoi, ou enfin plutôt, si j'ai une petite idée de ce qu'il m'aurait fallu, je ne vais pas vous la dire afin de vous laisser la surprise et vous faire votre propre avis.

Mots clefs : Famille - Mal-être - Maternité - Portrait de femme - Tension psychologique

Ma note : 16/20

Du même auteur :

dimanche 7 mars 2021

Peter SWANSON - Huit crimes parfaits

Gallmeister - 23€40 - 352 p. - 4 février 2021


Ma critique :
Une fois n'est pas coutume, et puisque ca faisait un petit moment, j'ai lu un polar. Mais pas n'importe quel polar, un polar qui parle de libraire spécialisé... polar. Et un polar où on enquête sur des crimes similaires à des crimes de romans policiers célèbres.
On suit donc Malcolm, libraire surnommé Mal, qui est contacté par une agente du FBI au sujet d'une liste qu'il avait rédigée sur le blog de son ancienne librairie et qui relatait, selon lui, huit crimes parfaits.

J'avais un peu peur en me lançant dans ce roman, que malgré le thème il ne me plaise pas. Je redoutais le côté "polar americain", j'avais peur que ça soit trop longuet, trop noir ou trop trash.
Et en fait pas du tout. C'est même plutôt hyper addictif et prenant avec une narration plutôt simple et accessible puisque raconté par quelqu'un comme vous et moi, un libraire !

On suit l'intrigue plaisamment, aux côtés de ce libraire étonné qu'on le contact suite à cette vieille liste, puis, surviennent des rebondissements dont je ne vous parlerai évidemment pas ^^

En somme, un très bon polar plutôt classique comparé à mes thrillers psychologiques habituels, mais très plaisant à lire !

Si comme moi vous vous questionnez sur le fait de ne pas connaître les livres dont il est question dans le roman, sachez que ce n'est aucunement dérangeant. Le seul risque étant, si vous êtes amateur du genre, de vous faire spoiler. Sinon, ça donne plutôt envie de les lire :)


Les polars aux crimes parfaits dont il est question tout au long du roman : 
A. A. Milne - Le mystère de la maison rouge
Anthony Berkeley Cox - Préméditation
Agatha Christie - A.B.C. contre Poirot
Kames M. Cain - Assurance sur la mort
Patricia Highsmith - L'Inconnu du Nord-Express
John D. MacDonald - Le Bouillon rédempteur
Ira Levin - Piège mortel
Donna Tartt - Le Maître des illusions


Mots clefs : Polar - Libraire - Littérature policière

Ma note : 17/20

vendredi 26 février 2021

Barcella - Les Papillons

Cherche midi - 18€ - 224 p. - 8 avril 2021

Ma critique :
Aaaah, Barcella. 
Barcella, est, avant d'être l'auteur de ce roman, un chanteur que j'adore et que je suis depuis que je l'ai vu par hasard en concert en 2013. Un chanteur de la nouvelle scène française, un poète, qui manie les mots avec perfection, humour et délicatesse.
Alors quand j'ai su qu'il sortait un roman, j'étais impatiente de le lire. Et c'est chose faite.

Ce roman nous conte une histoire d'amour, entre Alexandrin et Marie. Banal, me direz-vous. Cela pourrait l'être si cette histoire n'était pas menée par la plume de Barcella. Mais l'on s'aperçoit très vite que cela ne l'est pas, car l'écriture nous plonge directement dans un long poème à la limite du conte.
Tout n'est que rythme et rimes internes dans ce roman. Pour dire, à rimer, rythmer et parler d'Alexandrin, il m'a donné envie de lire encore un Racine. Mais il m'a surtout fait penser, par l'onirisme et le style, aux romans de Mathias Malzieu que, vous le savez si vous me suivez, j'aime aussi beaucoup. 
J'ai retrouvé avec plaisir le style et la maîtrise de la langue que j'aimais déjà tant dans les chansons de Barcella.

On suit cette histoire, de sa naissance au dénouement, comme on suit un doux rêve. Et pourtant, tout n'est pas que soleil et papillons, car la vie pour être entière, comporte des passages parfois plus sombres, et cette histoire d'amour n'en fait pas exception.

Je n'en dirai pas plus et vous laisserai pas vous-même vous imprégner de la magie des mots de cette histoire, lorsque le roman paraitra, en avril.

Mots clefs : Histoire d'amour - Onirisme - Poésie 

Ma note : 17/20

Vous aimerez peut-être...

mardi 23 février 2021

Candice CARTY-WILLIAMS - Queenie

Calmann Lévy - 20€90 - 368 p. - 10 février 2021

Ma critique :
Queenie est une londonienne d'origine jamaïcaine de 25 ans. On la découvre à un tournant de sa vie, après que son copain ait mis leur relation en pause. On va ainsi faire connaissance avec ses amies et assister à sa recherche personnelle à travers ses relations aux hommes. On va la suivre en déroute vis à vis de son travail et par sa place dans sa famille. Et on va aussi voir le regard que les gens portent sur une jeune femme noire.

C'est une lecture qui m'a plu, qui se lit assez vite, qui a des airs de chick litt tout en abordant des sujets sérieux tels que le racisme ou la dépression. On prend plaisir à faire connaissance avec Queenie, on s'inquiète pour elle, on est parfois exaspéré par son entourage.

Par contre deux gros bémols. 
Le premier est que Queenie est un livre truffé de fautes ou coquilles. En 50 pages, j'en avais déjà repérées 5. Pour un livre publié et non une épreuve non corrigée, je trouve ça plus que limite de la part de l'éditeur.
Le second, pour moi, est la présence de scènes sexuelles très explicites. Je comprends qu'il faille les mentionner pour nous montrer ce que traverse Queenie, qu'il faille insister sur leur violence parfois. Mais certains détails n'apportent rien à l'histoire et m'ont plusieurs fois donné envie de reposer le livre. Heureusement, cela s'estompe à la moitié du livre environ.

En somme, une lecture légère en apparence mais abordant des sujets délicats, que je recommande tout de même à un public adulte ou, du moins, prévenu.

Mots clefs : Chick litt - Racisme - Rupture - Dépression - Sexualité

Ma note : 14/20

vendredi 5 février 2021

Sandrine BEAU - La Porte de la Salle de bain

Talents Hauts - 8 € - 96 p. - Octobre 2015


Ma critique : Le livre que je vous présente aujourd'hui, je l'ai découvert dans Quotidien, présenté par La Voix du livre et Le cahier de lecture de Nathan. La thématique des livres présentés était l'inceste.

Ce roman raconte l'histoire de Mia, dont le copain de la mère, Lloyd, entre dans la salle de bain lorsqu'elle prend sa douche. Là, c'est le début de l'enfer et des interrogations pour Mia. Comment doit-elle réagir ? Jusqu'où Lloyd, le gentil copain de sa mère, musicien,  peut-il aller ?

Vous l'aurez compris, le sujet n'est pas évident. Tant par sa thématique que par le traitement de celle-ci. Et bien le roman de Sandrine Beau a tout bon. Il relate, simplement, factuellement, la situation que vit Mia et ce que cela implique pour elle.
Il n'y a rien de sordide dans ce roman. Rien de "trop". Seulement de la justesse.

C'est un roman comme j'aurai aimé en lire plutôt et qu'il faut mettre entre les mains des ados. 
Un roman nécessaire.

Mots clefs : incestuel - adolescence - famille recomposée

Ma note : 18/20